- Des enfants au cœur des interventions policières violentes
- Des arrestations arbitraires
- Des insultes et gestes a caractère racistes et sexistes.
- Des conditions de garde à vue.
- Des gestes dangereux pour les enfants comme pour les passant·es.
Depuis le 1er octobre, les élèves manifestent contre le « décret-programme » d’austérité dans l’enseignement, et pour de nombreuses autres raisons comme contre l’augmentation du prix de l’abonnement des transports en commun ou encore en solidarité avec leurs enseignant·es. Les 9, 12 et 17 octobre, des élèves, des jeunes, des enseignant·es et des travailleur·euses se sont retrouvé·es dans les rues de la capitale, notamment autour de la Gare du Midi, de Gare Centrale et de la Bourse.
Le récit que nous avons reconstitué à partir des témoignages fait état de l’usage de la nasse, de l’autopompe, de gaz lacrymogènes, d’arrestations arbitraires, de contrôles aux faciès, de nuits en garde à vue, d’insultes racistes et sexistes, d’attouchements sexuels, et de gestes et d’agressions sur des enfants, commis par des fonctionnaires de police, soumis aux ordres des politiques.
Ces témoignages sont arrivés en nombre. Nous en avons réuni une partie ci-dessous. Quelques constantes ressortent de ces récits, bien qu’ils viennent de personnes différentes, à des moments et en des lieux différents.

Des enfants au cœur des interventions policières violentes
Une part importante des personnes présentes dans les rues était mineure. Beaucoup n’avaient jamais participé à une manifestation. Les témoignages décrivent des enfants, parfois très jeunes, livré·es à la panique et à la confusion au milieu d’un dispositif policier massif.
« Une pote et moi a vu une petite fille de 14 ans en larmes et panique qui n’arrivait pas à partir de la Gare du Midi. »
Des arrestations arbitraires
« Ils m’ont dit que je n’avais pas le droit de filmer (invoquant une loi qui n’existe pas en vrai) puis qu’ils allaient nous fouiller pour voir si on avait des trucs « dangereux » sur nous. Ils ont trouvé que du sérum physiologique, des masques, et des plâtres. On a été arrêté pour « préparation d’infraction » et mis dans un camion, menotté avec les mains derrière le dos. Il me reste des bleus aux poignets deux jours après! «
Des insultes et gestes a caractère racistes et sexistes.
Les témoignages rapportent des propos et des comportements discriminatoires, ainsi que des violences à caractère sexuel. Ils montrent que certain·es jeunes ont été visé·es en raison de leur origine supposée ou de leur genre.
« Plusieurs enfants nous ont dit qu’ils ont demandé un motif pour justifier leur arrestation mais la police a répondu «ferme ta gueule, sale arabe».«
« Un policier de la manif m’a attrapé la fesse (je suis un garçon et le policier aussi !!! ) c’est horrible !«
« je me suis fait insulter de sale pute par un policier, coup de pied dans le dos, puis il m’a donné un coup de poing dans le menton, il a sorti la lacrymo pour me gazer en plein visage juste après«
Des conditions de garde à vue.
« Tout au long de notre GAV on a vu des enfants privés d’eau, d’accès aux toilettes, de nourriture et aussi privés de soins médicaux.
Y’avait un enfant qui a reçu des coups à la tête, qui pleurait et qui demandait sans cesse de l’aide médicale.«
Des gestes dangereux pour les enfants comme pour les passant·es.
« Il y a eu vers 14h à la gare du midi, un lacrymo qui a atterri ET explosé sur le visage d’un jeune, on sait pas comment il va ni où il est mais c’est sûrement grave«
« D’un seul coup tous les jeunes ont commencé a courir vers la place de la chapelle, vers la rue haute, parce qu’un camionnette de flics allait a du 80km/h au milieu de la foule comme un bélier. Ils ont clairement mis en danger les enfants et les passants.
« Ils se sont arrêtés subitement, ils sont descendus et ils ont attrapé un jeune noir qui ne faisait même pas partie de la foule du skatepark. Les passants ont essayé de défendre mais ils nous ont éloignés avec leurs matraques.«
« Un homme de 48 ans, parlant uniquement espagnol, s’est fait matraquer deux fois au crâne par un policier, au pied des escaliers de Bourse. Il s’était retrouvé au milieu de la manif par accident alors qu’il essayait d’aller à la friterie. Son crâne s’est mis à saigner de façon assez spectaculaire mais il est parvenu à monter en haut des marches. Il s’est assis sur une chaise et un petit groupe lui a mis un bandage autour de la tête pour arrêter l’hémorragie, malgré le gaz des lacrymos qui montait.«
Ces témoignages, recueillis auprès de personnes différentes, aux dates du 9, 12 et 17 octobre ainsi que dans des lieux distincts, dessinent un même schéma : des enfants et des jeunes exposé·es à des violences physiques, verbales et parfois sexuelles ou racistes; des arrestations dont les motifs paraissent arbitraires ; des contrôles et des insultes à caractère discriminatoire ; des conditions de garde à vue contraires à la dignité.
Ces violences d’Etat (puisque la police est aux ordres des politiques locaux et fédéraux) incarnent le rapport que les autorités entretiennent avec la population : en dehors des manifestations, dans les quartiers populaires et où vivent des habitant·es issu·es de l’immigration, l’Etat déploie des dispositifs de contrôle, de surveillance ciblant particulièrement les enfants et qui mènent régulièrement à des violences policières entrainant chaque année une série de meurtres policiers. Ce dispositif de surveillance et de contrôle crée un climat de harcèlement policier dans ces quartiers.
Dans les manifestations, dès que les manifestant·es dépassent le cadre imposé par l’Etat et parfois même avant de manière préventive, quand il s’agit de mobilisation portée par des jeunes des quartiers populaires, on réprime avec force ces rassemblements. La police utilise des armes comme le gaz et la matraque et des interpellations très régulièrement violentes et souvent arbitraires contre les manifestant·es.
Lors du 9, 12 et 17 octobre, plusieurs manifestant·es ont été blessé·es par les interventions de la police.

