Jeudi 24 septembre au matin, une femme âgée de 38 ans a été retrouvée morte dans une cellule du commissariat principal de la zone de police de Neteland, à Herentals, alors qu’elle devait de passer devant le juge d’instruction. Ces informations ont été révélées par le parquet d’Anvers, qui ne donne pas plus d’éléments de contexte concernant ce nouveau décès d’une personne au contact de la police belge.

Une enquête a été ouverte par le Parquet pour déterminer les causes exactes du décès. Une autopsie à visée toxicologique ainsi qu’un visionnage des vidéos de caméras de surveillance ont été effectués.

Ce nouveau décès d’une personne au contact de la police, et dans des conditions de détention nébuleuses, rappellent ceux d’autres personnes également décédées alors qu’elles étaient en cellule ces dernières années en Belgique. C’est par exemple le cas de Sourour Abouda, décédée le 12 janvier 2023 dans la gare zonale de la rue Royale à Bruxelles, ou encore de Jozef Chovanec en 2018, dans une cellule de l’aéroport de Charleroi.

Pour ce décès, comme dans de nombreuses autres affaires, les responsabilités policières ont systématiquement été dans un premier temps écartées pour faire peser les responsabilités sur une potentielle « crise » ou « malaise » de l’individu décédé.

Pourtant, la longue lutte pour la vérité et la justice dans l’affaire de Sourour Abouda a pointé du doigt la responsabilité de la police dans la mort de Sourour, puisque les forces de l’ordre sont tenues responsables de la santé et de l’intégrité physique des personnes qu’elle détient pendant l’entièreté de la durée de leur incarcération.

De plus, le fait qu’une personne meurt au contact de la police, et ce, dans un commissariat, loin de tout regard, ajoute une opacité supplémentaire à la responsabilité policière. Comment se fait-il qu’une personne puisse décèder le jour de son incarcération, sous la supervision de policiers ?

Souvent, lors de décès de personnes dans des commissariats ou au contact de la police lors de leurs arrestations, ce n’est qu’après un long combat mené par les familles, que la responsabilité policière est clairement établie grâce à l’accès aux vidéos des caméras de surveillance. Si elles sont bien révélées, ces images permettent dans certains cas de mettre en évidence des coups de policier·ères ou encore des situations avérées de non-assistance à personne en danger.

Nous adressons tout notre soutien et nos condoléances à la famille et aux proches de cette personne.