Depuis 14 septembre, 5 personnes palestiniennes protestent via une grève de la faim illimitée pour le rapatriement de leurs prôches, encore bloqué·es à Gaza, malgré qu’ils disposent déjà de visas belges. Oday (33 ans), Muhareb (32 ans), Fayad (42 ans), Abdallah (34 ans) et Sami (46 ans) occupent des lits de camp dans l’église du béguinage à Bruxelles, connue pour accueillir et soutenir les luttes sans-papiers.

Le samedi 26 septembre, 2 d’entre eux ont été hospitalisées après la dégradation de leur état de santé. Malgré l’avis des médecins, ils ont décidé de reprendre leur grève de la faim pour réclamer l’arrivée en Belgique de proches actuellement bloqués à Gaza et dans les territoires palestiniens. Deux autres personnes présentes dans l’église refusent désormais de s’alimenter. Un participant a quant à lui décidé de mettre un terme à sa grève de la faim.

« Jusqu’à présent, nous n’avons absolument rien reçu. Nous avons eu plusieurs réunions, mais concrètement, nous n’avons encore reçu aucune réponse du gouvernement belge. » (Odey Abed, un des grévistes de la faim)

Environ 1.500 gazaoui·es disposant déjà d’un visa pour la Belgique sont actuellement bloqué·es à Gaza. Précédemment, le 16 septembre, 200 personnes s’étaient rassemblées devant les Affaires étrangères pour réclamer l’évacuation de familles palestiniennes et 13 étudiant·es bloqués à Gaza par le gouvernement Arizona – qui met en balance ces vies avec notamment la déportation de personnes afghanes.

Un communiqué de presse explique l’action des 5 grévistes de la faim :

« Après des mois d’incertitude insoutenable, de terreur, de nuits blanches, d’actions de protestation hebdomadaires, d’une lettre ouverte et d’innombrables appels, nous n’avons été que très peu entendus et il n’y a eu que peu d’attention pour les souffrances indicibles de nos familles et de nos enfants, qui tentent de survivre au génocide à Gaza depuis bien trop longtemps. Nous ne demandons ni faveur ni privilège, mais simplement l’application des droits humains et des droits des enfants. Il s’agit également d’un appel à l’empathie et à la solidarité : votre soutien, votre voix peuvent aider à sauver des vies et à réunir des familles déchirées. Sauvez nos familles ! Cessez d’étouffer la voix de nos enfants jusqu’à la mort ! »

Des centaines de concitoyens belgo-palestiniens, titulaires d’un titre de séjour ou de la nationalité belge, ont été séparés de leur famille à Gaza à cause du génocide. Depuis la Belgique, ils ont entamé une procédure de regroupement familial. Anneleen Van Bossuyt, ministre de l’Asile et de la Migration, a délivré des visas belges aux membres de leurs familles après un examen approfondi de l’Office des étrangers.

Mais contrairement à d’autres pays européens (Italie, Pays-Bas, Espagne, France…), notre pays refuse d’évacuer ces personnes de Gaza. À l’exception de quelques évacuations d’enfants grièvement blessés, la dernière évacuation de titulaires de visa remonte déjà à décembre 2025. Le 11 septembre, Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, a soumis le dossier au conseil des ministres restreint (kern). Le MR a réagi froidement ; la N-VA a opposé son veto et a même souhaité lier ce dossier à l’expulsion de personnes vers l’Afghanistan ou vers des centres de retour (hubs de retour).

Il ne s’agit pas seulement d’un blocage sans précédent de la migration légale, mais de facto d’une violation du droit humain fondamental à une vie de famille et à la vie tout court. Des centaines de familles, principalement des enfants, sont contraintes de vivre inutilement et excessivement longtemps dans des conditions atroces. Nombre d’entre elles sont tombées malades ou ont été blessées pendant cette période d’attente. Certaines ont été tuées. La Belgique a la capacité de sauver des vies humaines, mais la volonté politique fait défaut. Ce gouvernement a ainsi atteint un seuil moral et humain sans précédent : il est complice d’un génocide. » a conclu le communiqué de presse.

Anneleen Van Bossuyt, a fait savoir via l’agence Belga que les « grèves de la faim ne pouvaient jamais être un moyen pour forcer un gouvernement à prendre des décisions« . Les raisons seraient « à la fois politiques et logistiques« . 1850 dossiers de regroupement familial seraient pour le moment en attente.

L’action et les revendications des grévistes de la faim sont maintenues.