Depuis la prise de fonction du gouvernement fédéral belge en février 2025, celui-ci a multiplié les attaques à l’encontre de l’ensemble des secteurs sociaux : santé, éducation, culture, aide aux personnes exilées, droit au logement, secteur associatif, etc. Aucun secteur social n’a été épargné. Ces réformes ne sont pas près de s’arrêter et continuent de toucher les groupes les plus précaires de la société belge.
Dernièrement, le gouvernement fédéral a déclaré qu’il comptait augmenter drastiquement les contrôles contre les bénéficiaires d’aides sociales, en mettant potentiellement en place des enquêtes à leur encontre.
Ces contrôles prendraient la forme de visites domiciliaires obligatoires, dans le but d’évaluer les ressources économiques des bénéficiaires potentiels, mais également par l’intervention de détectives privés qui enquêteraient sur les bénéficiaires de ces allocations sociales.
La ministre en charge de la fraude sociale, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), a exprimé qu’elle comptait mettre en place un cadre juridique clair avant la fin de l’année 2026 pour permettre ces enquêtes. Cette volonté est également soutenue par de nombreux membres du MR, dont la ministre libérale Cécile Neven.
Ces modes opératoires ne sont pas étrangers à la politique belge. En effet, en Flandre, des détectives privés ont déjà été utilisés à Anvers dans le cadre de contrôles d’allocataires de logements sociaux.
La mise en place de contrôles domiciliaires obligatoires, ainsi que le recours potentiel à des détectives privés, constitue un tournant majeur pour les bénéficiaires d’aides sociales. Déjà confrontés à une diminution significative de différentes aides (chômage, CPAS, logement social, etc.), ceux-ci seraient désormais soumis à une pression constante liée à des contrôles ou des enquêtes, notamment en cas de doute quant au respect des critères d’éligibilité.
Par ailleurs, au vu de l’orientation politique du gouvernement Arizona, il n’est pas exclu que ces contrôles et enquêtes soient influencés par certains biais, notamment racistes, conduisant à une surveillance accrue des populations non blanches ou d’origine étrangère qui seraient bénéficiaires d’aides sociales.
La mise en place de telles politiques donne à voir un gouvernement fédéral qui, depuis plusieurs mois, organise des économies budgétaires en mettant toujours davantage la pression sur les populations les plus précaires, jusqu’à envisager le recours à des détectives privés pour traquer les moindres écarts.
Notons également que la mise en place de tels contrôles ne semble pas être prévue, ou simplement de façon plus marginale, pour les grandes fortunes belges qui sont les plus grandes responsables de fraude fiscale.
Les bénéficiaires d’aides sociales sont ainsi traités comme des suspects permanents, contraints de justifier chaque aspect de leur vie, tandis qu’à l’autre bout de l’échelle sociale, les plus riches continuent de profiter d’avantages fiscaux considérables.

