A partir du 1er février 2027, le réseau wallon de transports en commun, LETEC, appliquera une nouvelle tarification.  L’abonnement annuel Express à 12 euros existait pour les 18-24 ans, les personnes âgées de 65 et plus, ainsi que les bénéficiaires du statut BIM. Dorénavant, les 12-25 ans payeront un abonnement à 384 euros. Pour les plus de 26 ans, il sera à 890 euros, pour les 65+ 120 euros et pour les bénéficiaires du statut BIM 60 euros. Cette décision « est l’application du décret adopté par le parlement wallon le 2 septembre 2026″, précise Letec dans un communiqué.

Fin des repas gratuit, fin des académies de musique, de danse et d’arts plastiques gratuite, augmentation du minéral, augmentation des coûts pour se déplacer: des choix budgétaires qui conduisent à une précarité structurelle où des droits deviennent des privilèges de classe. A l’avenir, qui aura encore le droit de se déplacer, de jouer d’un instrument de musique ou de manger un repas chaud à l’école?

Précarisation de la société et des plus jeunes

Les politiques du gouvernement Arizona ont pour but annoncé de faire 10 milliards d’euros d’économie, pour suivre les exigences économiques de l’Union Européenne. Depuis son arrivée au pouvoir, la coalition Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit) porte un projet de démantèlement des acquis sociaux : en s’en prenant au chômage, aux soins de santé, aux malades de longue durée, à la retraite, en flexibilisant encore plus le travail, etc. Si au premier abord, cela donne l’impression de faire des économies sur le budget, des problèmes sur le long terme vont s’installer et coûter bien plus cher à la société.

Par exemple, depuis ce 1er janvier 2026, des médicaments de catégorie A, classés comme importance vitale, sont devenus payants en Belgique. Cela comprend les médicaments pour soigner la tuberculose ou traiter le VIH (plus connu sous le nom de SIDA). Cette fin de gratuité risque de mettre à frein au soin. En plus d’avoir un impact sur la santé individuelle des patient·es, cela risque d’augmenter la propagation des maladies contagieuses et d’impacter toute la santé publique, même sur le plan financier. Une mesure qui semble rapporter de l’argent mais qui coutera bien plus à la société sur le long terme.

Les coupes budgétaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles impactent également les plus jeunes. Le minerval en Fédération Wallonie-Bruxelles est passé de 835 à 1194€. L’an dernier, le gouvernement Degryse a décidé de supprimer le décret « repas complets gratuits sains et durables ». Dans 92% des écoles défavorisées, les repas scolaires sont devenus payants, entrainant une baisse de la participation de 60%. Les impacts sont nombreux sur les enfants, pouvant entrainer difficultés de concentration, irritabilité, fatigue, troubles de l’apprentissage. Dans les académies de musique, de danse et d’arts plastiques, la gratuité est finie cette année pour les moins de 12 ans, devant débourser 95 euros.

Nous allons vers une société où les enfants pauvres ne pourront plus se déplacer, plus apprendre un instrument de musique ou ne plus avoir de repas chauds à l’école.

Les mesures qui vont précariser toutes les facettes de la vie sont nombreuses. Elles vont creuser encore plus les inégalités sociales et dégrader les conditions de vie avec de graves conséquences: augmenter les risques de développer des troubles de la santé mentales, des risques d’addiction, des problèmes de santé, des politiques qui peuvent également conduire au sans-abrisme.


A cela s’ajoute la crise écologique que les jeunes vont subir. Un enfant né en 2020 va subir 7 fois plus de vagues de chaleur au cours de sa vie qu’une personne née en 1960. Leur avenir est sacrifié dans l’indifférence générale. La vraie violence est celle dont fait preuve le gouvernement envers l’éducation et la jeunesse. La vraie violence est celle d’une politique qui attaque les conditions de survie, d’existences et d’avenir de ces jeunes.

Qui pourra encore se déplacer ? 

Dans le même temps, le MR a proposé fin septembre de fermer 60 gares en argumentant toujours avec une logique de « profit » au détriment des personnes qui n’auraient pas d’autres moyens de se déplacer. 

Pourtant, avoir des gares est vital pour la cohésion sociale. Une étude française menée par le démographe Hervé Le Bras a mis en évidence une corrélation entre la distance aux infrastructures de transport et le vote pour l’extrême droite : plus on habite loin d’une gare ou du centre des grandes villes, plus la propension à voter pour l’extrême droite augmente. Une corrélation n’est pas un lien de causalité, mais ceci peut s’expliquer par un sentiment d’isolement, d’abandon des services publics, d’une peur des autres qui mène à voter pour des politiques racistes, qui hiérarchisent des vies comme l’extrême droite. 

Des abonnements de plus en plus chers qui vont exclure les plus précaires des transports publics, des gares qui ferment isolant des personnes en milieu rural, des prix d’essence exorbitants. Qui aura encore réellement le droit de se déplacer? 

Ce constat d’austérité contraste avec les moyens de déplacement pour nos ministres. Le PTB a récemment sorti une étude sur le coût du parc automobile des membres du gouvernement fédéral pour leurs frais de leasing: 643.000 euro. Au total, 55 voitures de fonction sont recensées, pour un coût mensuel de 53.587,43 euros

A titre d’exemple, Theo Francken (N-VA) dispose du véhicule au leasing mensuel le plus élevé: son Audi Q7 coûte 2.599,89 euros par mois et il dispose également d’une Volkswagen ID.7 Tourer à 1.331,39 euros. Les données recensent aussi 33 chauffeurs et 53 cartes de carburant. Jan Jambon dispose par exemple de 4 chauffeurs et de 7 cartes essence. 

Alors que la société est de plus en plus précarisé, et que se déplacer devient de plus en plus cher, il ya au moins un groupe de population qui ne s’en soucie pas: les ministres.