- Jusqu'au 16 octobre: préavis de grève dans l'enseignement
- Comme un air de 14 octobre ?
- 7 octobre : appel national aux blocages autonomes devant les écoles
- 9 octobre: manifestation nationale contre l’Arizona – 10h Gare Centrale
- 10 octobre : journée d’action mondiale pour la Palestine
- 11 octobre: Marche pour le Climat – 13h Place Simon Bolivar
- 12 octobre: grève des services publics
Jusqu’au 16 octobre: préavis de grève dans l’enseignement
Le mois d’octobre 2026 s’annonce marqué par différentes grèves, manifestations et actions. En cause principale? Les politiques du gouvernement Arizona qui annonce vouloir faire 10 milliards d’euros d’économie, pour suivre les exigences économiques de l’Union européenne. Depuis son arrivée au pouvoir, la coalition Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, Vooruit) porte un projet de démantèlement des acquis sociaux : en s’en prenant au chômage, aux soins de santé, aux malades de longue durée, à la retraite, en flexibilisant encore plus le travail, etc. La dynamique du gouvernement peut se résumer en une formule : « sociabiliser les pertes et privatiser les bénéfices« . On coupe dans le social, on prend aux personnes qui travaillent, pendant qu’on laisse les patrons et les personnes les plus riches de ce pays, la bourgeoisie, devenir toujours plus riches.
Tour d’horizon sur les différentes mobilisations.
Le vendredi 9 octobre, la FGTB et la CSC organisent une manifestation nationale contre l’Arizona à Bruxelles. Le syndicat libéral SYNOVA (anciennement CGSLB ) a décidé de se retirer du front commun syndical qui organisait jusqu’ici les manifestations nationales.
Les syndicats présentent cette mobilisation comme un « premier avertissement clair au gouvernement« . La FGTB a fixé 3 lignes rouges: une atteinte unilatérale à l’indexation, une hausse de la TVA et une annualisation du temps de travail. Si une des lignes est franchie, alors qu’elles sont déjà bien maigres, une grève générale est annoncée le 23 novembre.
Le lundi 12 octobre, le syndicat de la CGSP (Centrale Générale des Services Publics) appelle à une grève dans les services publics. La mobilisation intervient à la veille du discours du Premier ministre devant le Parlement fédéral et « vise à peser sur les choix budgétaires du gouvernement », souligne la CGSP. Dans le secteur ferroviaire, la CGSP-Cheminots a également annoncé un préavis de grève, ce qui pourrait entraîner des perturbations sur le réseau. La CSC Services publics n’appelle pas à la grève, mais organisera une action de sensibilisation.
Du côté de l’enseignement, la mobilisation se poursuit également. La CSC-Enseignement, la CGSP et le SETCa-SEL ont prolongé leur préavis de grève jusqu’au 16 octobre. Les syndicats veulent maintenir la pression sur les ministres de l’Éducation et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. De nombreuses écoles tournent au ralenti, et le corps enseignant avait déjà manifesté le jeudi 10 septembre à Liège. Le 16 septembre, c’était les étudiant·es de l’enseignement supérieur qui manifestaient et appelaient à bloquer leur école sur Bruxelles.
« Nous sommes confrontés à une absence totale de réponse du gouvernement. Sans avancée de ce point de vue, sans retour à une réelle concertation constructive, le mouvement se poursuit donc », prévient Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement.
La mobilisation a pris de l’ampleur, avec des blocages d’élèves qui ont eu lieu le jeudi 1er octobre à Liège. Depuis environ une semaine, des lycéen·nes français·es se mobilisent également pour dénoncer les conditions d’apprentissage et réclament davantage de moyens dans les établissements. De nombreuses révoltes avaient touché le monde de l’enseignement, venant d’élèves comme de professeur, en juin dernier face aux réformes de l’Arizona. Un climat de contestation qui dure et qui existe également en France.
D’autres mobilisations ont également lieu: le 10 octobre, un appel à la mobilisation mondiale pour la Palestine circule et une marche pour le climat est organisée le 11 octobre.
En effet, la Belgique est toujours complice du génocide en cours à Gaza, entretenant des relations politiques, économiques et militaires avec Israël.
Canicule, sécheresse, feux de forêt, l’été a été marqué par des urgences climatiques, alors que le gouvernement Arizona privilégie les profits à court terme des entreprises plutôt qu’une action climatique réelle. On peut citer par exemple, la proposition de Georges-Louis Bouchez de fermer 60 gare afin d’économiser de l’argent, sans considération pour la mobilité douce.
Droits sociaux, enseignement, Palestine, écologie, si les objets des mobilisations semblent différents, elles posent la question de quelle société nous voulons dans le futur? Qui doit en supporter le coût?
Comme un air de 14 octobre ?
Cette nouvelle manifestation nationale du 9 octobre tombe près d’un an après celle du 14 octobre 2025. Ce jour-là, la colère sociale avait éclaté dans les rues de la capitale contre le gouvernement Arizona et sa politique. Des blocages organisés et sauvages avaient eu lieu dans tous les secteurs et une grande manifestation, dépassant les 100 000 personnes, avait eu lieu à Bruxelles. Celle-ci s’était transformée en révolte et en affrontements avec les forces de l’ordre jusque dans la soirée. Cet évènement marqué par une forte mobilisation et un net antagonisme avait surpris et marqué les esprits tant côté manifestant·es que politiques.
En premier lieu, ce sont les directions syndicales qui avaient été surprises et dépassées par une colère qu’elles peinent à contrôler. Ces dernières sont régulièrement critiquées par les travailleur·euses, y compris les bases syndicales, pour leur absence de réelles perspectives de luttes et donc de victoires sociales. Ces critiques s’expriment notamment contre la collaboration entre direction syndicale et patronat, qui se fait au détriment des intérêts réels des travailleur·euses.
« La FGTB veut faire front commun avec le patronat contre les réformes fédérales » (dans l’Echo, 8 septembre)
Depuis des années en Belgique, les directions des syndicats lèsent les travailleur·euses qu’elles sont sensées représenter en souhaitant marcher au compromis avec le patronat, qui exploitent proprement leurs salarié·es. De plus, c’est l’absence de plan d’action et de stratégie qui sont également l’objet de critiques : entre manifestations et grèves sans lendemain, et « avertissements » au gouvernement jamais suivis d’effets.
Sur fond de nouvelles attaques contre les travailleur·euses – qui s’ajoutent aux précédentes – pour répondre aux exigences budgétaires arbitraires des institutions européennes et d’autres réformes et mesures antisociales ; dans l’enseignement en FWB, la loi sur les visites domiciliaires, … la colère sociale continue de gronder en Belgique.
L’heure n’est plus aux avertissements, mais à la lutte, et si les directions veulent l’empêcher, elles risquent d’être encore dépassées sur le terrain.

