au moins 1.000 personnes contraintes de vivre dans la rue

Ce mercredi 31 septembre 2026, un centre d’accueil du Samusocial, le WTC, a fermé ses portes. L’organisation ne pourra proposer plus que 240 places pour les hommes sans-abri seuls à Bruxelles, contre 370 auparavant. Résultats: 130 personnes vont se retrouver à la rue.

Cette décision découle d’une politique d’extrême droite menée par Anneleen Van Bossuyt, ministre fédéral de l’Asile et de la Migration, qui a pour but de supprimer 1000 places et de viser les hommes seuls afin de compliquer leur parcours migratoire, niant le droit d’asile et le devoir d’accueil de l’Etat belge.

A l’origine, le WTC était un dispositif ouvert dans le cadre du plan « Froid Extrême » de la Région. Il s’est ensuite pérennisé et est devenu la première porte d’entrée des hommes sans solution d’hébergement, avec une mise à l’abri de 3 jours, avant de leur proposer, quand c’est possible, une orientation interne au Samusocial chez les partenaires comme Belrefugee ou Croix Rouge.

Cette fermeture de 130 places est l’une des conséquences de la coupe drastique dans le « Brussels Deal » conclue entre la Région bruxelloise et le fédéral. Le “Brussels Deal” avait été lancé fin 2022 pour pallier le manque de capacité du réseau ordinaire de Fedasil à héberger les demandeurs d’asile. Avec un budget annuel de 42 millions d’euros, 2.000 nouvelles places ont été financées dans la Région bruxelloise. 

« Un véritable scandale institutionnel »

La ministre fédérale de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, avait annoncé que 1.000 places allaient être supprimées. Derrière ces chiffres, il y a des enfants, des familles, des femmes, souvent victimes de violences conjugales et des hommes qui vont être plongés dans une grande précarité. 

« Le grand drame de la suppression des 1000 places à présent, c’est qu’un Demandeur de Protection Internationale (DPI) qui passait déjà en moyenne 4 à 5 mois en rue avant d’obtenir une place d’accueil dans le réseau Fedasil, n’aura même plus la possibilité de trouver un peu de répit au Samusocial, complètement saturé. 

Aujourd’hui, lorsqu’un DPI enregistre sa demande d’asile, en lieu et place d’être accueilli, il reçoit un simple document expliquant comment s’inscrire pour être hébergé au Samusocial. C’est un véritable scandale institutionnel : l’Etat se décharge sur le réseau d’urgence tout en annonçant refuser de le financer. Amputer un subside originellement mis en place pour pallier ses propres manquements relève du non-sens.«  Bertrand, travailleur social au centre d’accueil pour hommes isolés ‘WTC

Pourquoi ces suppressions de place? Selon la ministre Van Bossuyt, la demande a depuis chuté à environ 1.000 hommes isolés, dont la moitié seraient hébergés chez de la famille, des amis ou des connaissances. “L’argent des contribuables ne peut être dépensé qu’une seule fois“, explique-t-elle.

“S’il n’y a plus qu’environ 1.000 personnes sur liste d’attente, je ne vais pas continuer à payer pour 2.000 places.”

Pourtant, plusieurs organisations de la société civile contestent ce raisonnement et considèrent que cette suppression de places pourrait déclencher une crise humanitaire.

Une politique migratoire « dissuasive » assumée

La promesse d’une « politique migratoire la plus stricte jamais menée en Belgique », faite par Anneleen Van Bossuyt (N-VA) au début de son mandat il y a plus d’un an, semble donc bel et bien se confirmer.

Cette instrumentalisation des chiffres des demandes d’asile sert un agenda politique d’extrême droite. S’il est vrai qu’une diminution de 13 % des demandes d’asile a eu lieu sur l’année 2025 par rapport à 2024, c’est entre autres dû aux politiques d’extrême droite mises en place par le gouvernement Arizona, mais également aux fluctuations géopolitiques internationales.

En effet, ces politiques de non-accueil ont pris la forme de campagnes de dissuasion sur internet, de suppression de places d’accueil ou encore du durcissement des conditions de regroupement familial*. Depuis l’été 2025, les demandeur·ses d’asile qui ont obtenu une protection dans un autre pays d’Europe ne peuvent plus bénéficier de place dans les centres d’accueil belges.

Cette prétendue diminution des demandes d’asile ne peut pas justifier la fermeture de nouvelles places d’accueil, dans la mesure où ces deux phénomènes sont le résultat direct de politiques d’extrême droite. L’Arizona essaye de rendre impossible l’accueil des demandes d’asile en Belgique, en niant le droit d’asile et le devoir d’accueil de l’Etat belge.

En outrepassant l’obligation d’accueillir des personnes en demande d’asile dans notre pays, tout en fermant des centres d’accueil sous le motif d’une prétendue diminution des demandes, notre gouvernement ne fait que nier davantage la réalité vécue par ces personnes dans notre pays et de rendre structurellement toujours plus difficile l’accès à l’asile.

Ces politiques ont pour effet de plonger davantage les demandeur.ses d’asile dans une situation de précarité, en leur enlevant un logement, détériorant leur santé physique et mentale, mais aussi leur retirant l’accès à des droits en Belgique et donc à des perspectives de vie.