Vers une reprise du mouvement de l’enseignement ?

Ce jeudi 1 er octobre, plus d’une dizaine d’écoles ont été bloquées à Liège. C’était le cas de l’école Marie-Thérèse en Hors-Château, de l’Athénée de Fragnée ou encore de l’école Saint-Laurent.

Les blocages ont commencé tôt ce matin dès 8h, et se sont prolongés toute la journée. Des affrontements avec la police ont eu lieu dans le secteur de la porte de Saint Barthélemy, où une autopompe et plusieurs policiers antiémeutes étaient présents. Le Peloton Anti-Banditisme (PAB) de la police de Liège a également été déployé. Cette unité de police est normalement dédiée aux interventions très violentes et est connue pour ses moyens tout aussi violents. Il est donc interpellant qu’elle soit déployée contre des enfants.

La porte d’un établissement scolaire aurait été forcée un peu plus tard dans la matinée, comme en attestent des images vidéos. Plusieurs feux ont également été boutés, notamment devant l’Institut Marie-Thérèse ou le Collège Saint-Barthélemy. Le Carrefour Express de la rue Saint-Léonard a également été ciblé durant la journée.

La police a également empêché les élèves de sortir des écoles pendant la journée, en envoyant un courrier à différentes directions d’établissement pour qu’elles « maintiennent » les enfants dans l’école. Une capture d’écran circule avec ce message « […] la Police de Liège nous demande den pas laisser sortir les élèves sur le temps de midi à la suite de débordements rencontrés ce matin devant certains établissements scolaires du centre ville.« 

Jeudi après midi, on apprenait que 6 personnes ont été arrêtées, 5 arrestations judiciaires et 1 arrestation administrative, en marge des blocages des élèves à Liège. Des témoignages font également écho de violences policières, notamment aux alentours du Palais de Justice de Liège, où un élève aurait été étranglé par des policiers.

« Les directeurs pleurent. On n’en peut plus. On est abandonné » ( Ugo Ceccato, directeur adjoint du Collège Saint-Barthélemy dans Le Soir)

Ces blocages font écho au mouvement de contestation qui a eu lieu en juin dernier partout en Belgique, alors que le gouvernement FWB a fait voter en force plusieurs réformes, notamment la fin de la gratuité des cantines scolaires ou encore l’augmentation du nombre d’heures à prester par les enseignant·es. Les élèves demandent des classes moins nombreuses et des profs en suffisance, une vraie écoute des élèves et des parents, une école accessible à tous et « des décisions qui construisent notre avenir, pas qui les détruisent« 

Ces blocages seraient également impulsés en solidarité et par réverbération avec le mouvement lycéen de blocage en France, actuellement en phase d’élargissement.Des centaines de lycées ont en effet été bloquées partout en France cette semaine, les facultés universitaires se sont également joints au mouvement ce jeudi.

Plusieurs appels à continuer la mobilisation circulent. L’un d’eux appelle à une large mobilisation nationale le mercredi 7 octobre, pour revendiquer « les droits des élèves et des étudiant·es ». Une manifestation est également prévue au départ de la gare centrale le vendredi 9 octobre, jour de grève nationale du front commun syndical.