Un nouvel accident mortel au travail a eu lieu dans le secteur de la construction en Belgique. Lundi 14 septembre, un ouvrier roumain de 48 ans a perdu la vie sur le chantier d’une maison située à Kraainem, en périphérie bruxelloise. Selon les premiers éléments rapportés par SudInfo, l’homme aurait chuté de plusieurs mètres, vraisemblablement depuis un échafaudage.

Ce drame rappelle une réalité : le travail au sein du système capitaliste tue. Chaque année, plusieurs dizaines de travailleuses et de travailleurs perdent la vie à la suite d’un accident du travail ou de maladies liées à leurs conditions de travail.

Les équipes médicales sont intervenues rapidement et ont tenté de le réanimer,  en vain. L’homme est décédé sur place. L’auditorat du travail de Hal-Vilvorde a ouvert une enquête pour établir les circonstances précises de l’accident. Le service de Contrôle du bien-être au travail a également été mandaté pour examiner les dispositifs de sécurité mis en place sur le chantier, afin d’établir d’éventuelles responsabilités pénales.

Ce décès n’est malheureusement pas un cas isolé. Ces derniers mois, plusieurs drames similaires ont endeuillé le secteur du bâtiment en Belgique.

Mi-septembre, un ouvrier est mort à Kortenaken dans le Brabant flamand après avoir été touché par un morceau de plafond en béton lors de travaux de démolition. Quelques jours plus tôt, un procès s’ouvrait à Liège concernant la mort d’un ouvrier de 37 ans, chuté d’un toit sans harnais sur le site d’Essity à Stembert en 2022, un chef d’équipe et un gestionnaire de chantier y répondent de manquements aux règles de sécurité et d’homicide involontaire.

Cet été, un incendie sur le chantier de la tour Oxy à Bruxelles avait coûté la vie à 6 travailleurs en pleine canicule.

Ces drames touchent particulièrement les travailleurs étrangers et/ou migrants. Ces travailleur·euses relégué·es aux tâches les plus pénibles sont parmi les plus exposés aux métiers les plus dangereux. Dans le secteur de la construction, beaucoup subissent la précarité de l’emploi, la sous-traitance en cascade et des conditions de travail qui mettent leur santé et leur vie en danger. À cela s’ajoutent les discriminations, les barrières linguistiques et, pour certains, la crainte de perdre leur emploi ou leur titre de séjour lorsqu’ils dénoncent des conditions dangereuses. Celles et ceux qui occupent les emplois les plus difficiles, à cause de leurs conditions de classes et/ ou raciales, sont aussi parmi ceux et celles les moins protégé.es face aux risques qu’ils encourent.

Selon les données de Fedris plusieurs dizaines de personnes meurent chaque année en Belgique des suites d’un accident survenu sur leur lieu de travail ou sur le trajet domicile-travail. Le secteur de la construction figure systématiquement parmi les plus touchés, avec celui du transport.

Dans le monde en 2023, c’est près de 3 millions de personnes qui ont été tuées lors d’accident de travail ou à cause de maladies liées au travail. 

Cela signifie que toutes les 15 secondes, un·e travailleur·e meurt d’un accident ou d’une maladie liés au travail

L’enquête ouverte par l’auditorat du travail de Hal-Vilvorde devra désormais déterminer si des manquements aux règles de sécurité peuvent expliquer la chute mortelle de cet ouvrier de 48 ans à Kraainem. Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches de la victime.