Un dépôt pétrolier bloqué par des Gilets Jaunes à Wandre

Dans la nuit de dimanche à lundi 21 septembre, plusieurs personnes ont bloqué l’accès au dépôt pétrolier PPST de Wandre, dans la province de Liège. Les individus à l’origine du blocage ont indiqué vouloir « que la question du prix du carburant et du coût de la vie soit prise au sérieux ». Plusieurs blocages ont eu lieu en France, où un appel  » à redonner vie au mouvement des Gilets Jaunes » circule également. Une mobilisation est attendue le 17 octobre en France.

« Notre colère vise une situation économique et politique qui met toujours davantage de pression sur ceux qui doivent travailler pour vivre.« 

Cette action de blocage a eu lieu alors que le prix carburant bat des records dans le monde entier. En Belgique, le prix de l’essence a franchi depuis plusieurs semaines la barre symbolique des 2 euros le litre, tandis que le diesel a atteint le seuil des près de 2,50 euros le litre.

Cette situation contribue à l’appauvrissement de millions de personnes, qui sont contraintes de payer le prix d’une essence de plus en plus chère, notamment celles et ceux qui doivent se déplacer en voiture pour leur travail. Face cette hausse, certain·es automobilistes sont donc contraint·es de réduire leurs trajets ou renoncent à des déplacements. L’accès au carburant devient alors non seulement une condition d’accès au travail mais également aux soins et à de nombreuses activités du quotidien.

Malgré cette remontée spectaculaire des prix, le gouvernement fédéral refuse toujours de bloquer les prix à la pompe. Selon David Clarinval ( MR, Vice-Premier ministre), cette hausse des prix aurait rapporté 100 millions d’euros les revenus supplémentaires perçus depuis le début de l’année à l’Etat. Il y a quelques mois, le gouvernement a pourtant décidé de ne pas mettre en place de cliquet inversé, qui permettrait aux automobilistes de récupérer une partie de ces recettes.

Pour justifier cette hausse de prix, les différents gouvernements invoquent ladite « guerre au Moyen-Orient « et les tensions géopolitiques qui feraient flamber les cours du pétrole.

Pourtant, il est nécessaire de rappeler qu’à la fois l’État et les multinationales du secteur pétrolier perçoivent d’importants pourcentages sur chaque litre de carburant vendu. En Belgique, les taxes sur l’essence représentent près de la moitié du prix à la pompe, tandis que le reste alimente la chaîne de valeur* du secteur pétrolier.

L’augmentation significative des prix du carburant révèle alors une double dépendance symptomatique du système capitaliste.

  1. Une première dépendance « spatiale« , car les territoires nationaux et urbains sont organisés autour de l’automobile, rendant la voiture indispensable pour travailler, se soigner et accéder aux différents services du quotidien
  2. Une seconde dépendance économique, car une fois cette contrainte installée, les usager·ères automobiles doivent s’insérer dans un marché où les prix sont fixés par les cours financiers, la soif de bénéfices des multinationales pétrolières et les arbitrages fiscaux des États.

Ainsi, le prix record du carburant n’est pas qu’une simple « conjoncture géopolitique », il expose un système économique et politique qui produit et monétise directement la dépendance automobile.

Derrière la « flambée des cours » se cache donc un rapport de force social bien concret. D’un côté, les multinationales pétrolières et les États encaissent, litre après litre, des marges et des taxes ; de l’autre, les travailleur·euses, sans alternative viable à la voiture, n’ont d’autre choix que de payer.