Le 27 janvier 2026, alors qu’un policier qui n’était pas en service conduisait sa voiture accompagné de sa compagne et de son enfant, il serait sorti de son véhicule et aurait roué de coups un conducteur de scooter qui aurait « freiné devant lui », selon les explications du policier. Celui-ci reconnaît les coups, mais affirme avoir voulu protéger sa famille face à « ce gaillard imposant et agressif » qu’il jugeait « menaçant« .

Une déclaration qui parait douteuse, lorsque les éléments connus expliquent que le policier est lui-même sorti de sa voiture et semble avoir donné les premiers coups alors que le motard se rapprochait de lui. Le policier a été jusqu’à retirer le casque du motard en le frappant, notamment avec des coups de pied. Des témoins oculaires ont témoigné de ces violences ainsi que d’insultes proférées par l’agent de police à l’encontre du motard.

À l’arrivée des secours, le conducteur du scooter était au sol, blessé et en état de choc. Selon un témoin, le policier aurait volontairement dégradé le scooter avant de s’en aller. Le policier a pris la fuite avant l’arrivée des secours avec sa femme et son enfant à bord, il a pu être identifié par sa plaque d’immatriculation. Suspendu de ses fonctions, le policier a refusé de présenter sa démission. Le parquet requiert une peine de travail et le tribunal rendra son jugement à la fin du mois.

Dans la presse, en particulier un article de la DH, la parole est donnée au policier avec un prénom d’emprunt. On le présente comme une personne calme, qui n’aurait « jamais fait parler de lui » et qui voulait simplement protéger sa famille. Son témoignage et l’écriture de l’article tentent de rendre compréhensible l’acte, si pas le justifier, en tout cas l’amoindrir. De l’autre côté, la perspective de la personne violentée et dont le véhicule a été dégradé, et ce, par un agent de l’Etat (même s’il n’était alors pas en fonction), n’est pas ou à peine évoquée.

À nouveau, comme tendanciellement lorsque la presse parle de faits de violences relatifs à la police, le traitement médiatique est interpellant dans cette affaire : quel aurait été ce traitement si les rôles avaient été inversés : un motard policier face à un automobiliste lambda ?