Le syndicat chrétien ACV Puls a déposé un préavis de grève le mardi 1er septembre, en réaction à la décision de Brussels Airlines de reprendre ses liaisons vers Tel-Aviv depuis le début du mois d’août, tout en réquisitionnant du personnel. À l’issue d’une réunion de concertation tenue jeudi, la direction et les organisations syndicales de la compagnie belge se sont accordées : les pilotes et le personnel de cabine pourront continuer à refuser d’assurer des vols à destination et en provenance de Tel-Aviv.

Un accord de volontariat rompu selon le syndicat

Selon ACV Puls, la compagnie aérienne a ainsi rompu les accords passés avec les syndicats, qui stipulaient que seuls des volontaires seraient sollicités pour ce type de vols. Le syndicat insiste sur le fait que le manque de volontaires ne justifie pas que l’on contraigne les travailleurs, et que quiconque a de sérieuses objections d’ordre sécuritaire ou de conscience, doit pouvoir refuser ces vols sans subir de conséquences financières, professionnelles ou disciplinaires, estime Jolinde Defieuw, représentante de l’ACV Puls.

De son côté, Brussels Airlines indique que les premiers vols vers Israël ont effectivement été assurés par du personnel volontaire, et que « maintenant que ces vols ont repris avec succès, nous pouvons revenir à la procédure standard pour l’élaboration des horaires de service », justifie la compagnie.

Le syndicat évoque par ailleurs des pressions exercées sur certains membres du personnel :

« Nous avons des informations selon lesquelles certaines personnes effectuent ce vol contre leur gré, mais elles n’ont pas osé refuser parce qu’elles craignaient des sanctions de la direction » , affirme la représentante syndicale.

Le syndicat a donc insisté sur ses réserves à l’égard des autorités, qu’il juge trop en retrait sur ce dossier.

« Ils n’assument pas suffisamment leurs responsabilités. À nos yeux, dans les circonstances actuelles, aucun vol commercial ne devrait tout simplement avoir lieu à destination de Tel-Aviv » , affirme Jolinde Defieuw.

Cette nouvelle initiative de travailleur·ses qui refusent de collaborer d’une manière ou d’une autre avec la colonisation de la Palestine, et le génocide en cours depuis 2023, s’inscrit dans le large mouvement de solidarité internationale. Ces 3 dernières années, plusieurs initiatives de travailleur·ses et de sections syndicales ont tenté à leur échelle de participer à ce mouvement et d’avoir un effet concret, par exemple, en bloquant le transit d’armes vers Israël. Cependant, ces initiatives se sont régulièrement retrouvées isolées et n’ont pas encore débouché sur des actions coordonnées et massives des travailleur·ses à l’échelle du pays pour imposer la fin totale de la collaboration.

Les patrons des entreprises et les politiques peuvent décider de soutenir Israël dans ses crimes coloniaux, les travailleur·ses qui produisent les richesses et font tourner la vie économique ont le pouvoir d’arrêter concrètement cette collaboration.