- Mobilisation ce jeudi 10 septembre à Liège
- « Reprendre la ville, construire la grève »
Mobilisation ce jeudi 10 septembre à Liège
En juin, Bruxelles a connu une séquence de révoltes concernant l’enseignement. Cette mobilisation a été massive : des élèves en colère, des enfants qui ont occupé les rues de leur ville, des milliers de professeurs organisés, des centaines d’écoles mobilisées, jusqu’à forcer la porte du Parlement… et en face ? Un gouvernement qui n’a que sa matraque, pour défendre ses réformes idéologiques de définancement contre les profs et les enfants.
Ce jeudi 10 septembre, la lutte dans l’enseignement reprend. Une manifestation d’ampleur est attendue dans les rues de Liège, avec des enseignant·es venu·es de toute la Wallonie, à l’appel du Front commun syndical et de l’Interluttes liégeoise. Enseignant·es, élèves, éducateur·rices et leurs soutiens reprennent donc la mobilisation qui avait marqué le mois de juin dernier, les mesures antisociales qui visent le secteur de l’enseignement étant toujours d’actualité.
Depuis début septembre 2026, le mouvement de grève a notamment repris à Liège. Le 4 septembre déjà, environ 250 enseignant·es s’étaient rassemblé·es place Saint-Lambert, tandis que 23 écoles de la province étaient concernées par des actions, certaines entièrement en grève, d’autres avec plusieurs enseignant·es grévistes.
Plusieurs raisons ont poussé les différents acteurs de cette lutte à se mobiliser : coupes budgétaires, fin de la gratuité des repas et des fournitures pour les élèves, travailler plus sans être rémunéré pour les enseignant·es, exclusion raciste des femmes portant le hijab des métiers de l’enseignement, etc. Mais le mouvement social est aussi l’expression d’un ras-le-bol global face à un système éducatif qui favorise les enfants des familles riches aux familles précaires et pauvres.
La réforme du secondaire supérieur continue donc à cristalliser la colère du corps enseignant et des élèves. Cette colère a été alimentée par les tentatives infructueuses de dialogue avec la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, dont la dernière rencontre avec les syndicats n’a débouché sur aucune avancée. Valery Glatigny, qui ne compte pas faire descendre la pression sur les élèves, au contraire. Nouvelle idée en date, faire payer les familles des élèves en décrochage scolaire, en les sanctionnant financièrement sur leurs allocations familiales.
La ministre a également évoqué la volonté d’une « meilleure collaboration » entre la police et les écoles, qui prévoit la désignation d’un “référent école” au sein de la police locale pour chaque établissement scolaire, qui serait envoyé au domicile des parents en cas d’absences répétées.
« Reprendre la ville, construire la grève »
Au-delà du cadre syndical classique, l’Inter-luttes liégeoise a diffusé un communiqué appelant à une mobilisation plus offensive. Le texte annonce que la journée du 10 septembre « ne sera pas une manif comme les autres« et se veut le point de départ d’une dynamique plus large, résumée par le slogan « Reprendre la ville, construire la grève ».
Le communiqué pointe la surmortalité de 47,8 % enregistrée lors des canicules de cet été, les coupes budgétaires dans la santé et la lutte contre le changement climatique, la fermeture nocturne de la gare des Guillemins pour éloigner les personnes sans-abri, ainsi que la réforme des pensions, le durcissement des politiques migratoires et la hausse du budget de la défense.
Le texte appelle à dépasser les « grèves bien rangées » au profit d’une grève reconductible et « sauvage », avec la mise en place de caisses de grève et de réseaux de solidarité.
L’Assemblée inter-luttes liégeoise estime que, face aux enjeux de « l’époque[,] l’urgence [est] de renverser les pouvoirs en place, aucun parti de gauche pris dans le cadre l’électoralisme ne peut débloquer la situation. Les directions syndicales, quant à elles, n’ont aucune stratégie de lutte et favorisent ainsi la résignation : les grèves perlées ne forment aucun plan d’action soutenu et les objectifs de mobilisation restent flous.
Elles n’ont aucune volonté de construire un véritable rapport de force, pour ne pas dire qu’elles empêchent clairement le rapport de force de s’établir. […] Nous appelons donc à rejoindre la manif du 10 septembre pour y laisser s’exprimer notre colère. »
Les différentes organisations appellent à rejoindre le rassemblement le 10 septembre à 10h, le départ est donné à la gare des Guillemins.

