« Nous étions sous le choc lorsque nous avons découvert les messages, les croix gammées et les excréments de chien »
La communauté musulmane de Belgique reste confrontée, année après année, à une vague croissante et inquiétante d’actes de haine. Cette semaine, la mosquée Tawfieq de Schelle, en province d’Anvers, a été la cible d’une dégradation aussi violente qu’explicite. Des messages islamophobes et des croix gammées ont été peints sur sa façade, tandis que des excréments de chien souillaient l’entrée de la mosquée, a rapporté l’organisation Muslim Rights Watch België.
« Un acte dégoûtant et explicite »
Pour Mohamed Amin Chaib, président de l’association Muslim Rights Watch België, aucun doute n’est permis sur la nature de cet acte :
« Ce n’est pas un cas isolé de vandalisme ou une simple provocation mais un acte dégoûtant et explicite d’expression de haine envers les musulmans. »
En janvier 2025, un adolescent de 14 ans avait été interpellé à Molenbeek à Bruxelles, alors qu’il préparait un attentat contre une mosquée. Adepte revendiqué d’idéologies d’extrême droite, plusieurs couteaux et des croix gammées avaient été retrouvés dans son domicile. Son projet visait la mosquée d’Annajah, à Molenbeek, et devait être mis à exécution un vendredi, jour de prière hebdomadaire, où l’affluence des fidèles est la plus importante. L’attaque avait été évitée de très peu.
Ce drame déjoué avait provoqué une vive émotion au sein de la communauté musulmane bruxelloise. Le Conseil Musulman de Belgique (CMB) avait déjà exprimé son inquiétude et appelé les autorités à garantir la sécurité des institutions religieuses.
Les risques d’attentats liés à l’extrême droite ont fortement augmenté en Belgique au cours des cinq dernières années, et ils ciblent particulièrement la communauté musulmane. Cette progression est directement alimentée par la montée des projets politiques fascisants, portés notamment par les partis de la N-VA, du Vlaams Belang et du MR, et faisant du racisme (dont l’islamophobie) une pierre angulaire de leurs discours. L’ensemble de la sphère politique est influencée par cette percée et cette banalisation des discours réactionnaires, qui permettent également au monde médiatique d’en faire un de ses principaux business.
La mosquée Tawfiek à Schelle a porté plainte, et Muslim Rights Watch annonce qu’elle fera de même. L’organisation profite de l’occasion pour lancer un appel : les lieux de culte musulmans doivent bénéficier d’une meilleure protection face à la multiplication de ces actes.

