Dimanche soir à Eupen, un père de 4 enfants de 42 ans a été tué par deux tirs de policier. Cet homicide a eu lieu après une dispute entre enfants, dans le parc de la Scheiblerplatz, alors que deux familles s’y trouvaient. La dispute en question s’est transformée en bagarre entre un cinquantaine d’adultes. La police est intervenue et cela a coûté la vie à l’un des parents présents devant les deux familles présentes et les enfants.
Le parquet affirme que la victime aurait été armée d’un couteau, et qu’elle aurait blessé quelqu’un avant que la police n’intervienne et ne tire sur le père de famille. L’avocate de la famille de la victime, Me Ayathe Karim, dément et conteste cet élément du discours policier repris par le Parquet : selon elle, l’homme n’était pas armé au moment des tirs.
« Faire usage d’une arme à feu dans un parc alors que monsieur n’avait pas d’arme, ça me semble surréaliste » Me Ayathe Karim.
Le Parquet a tenu à mettre en avant le fait que « L’incident est survenu lors d’une rixe entre deux groupes d’origines ethniques différentes« , une information qui n’explique pourtant pas pourquoi une balle a été tirée par un policier, tuant un papa devant son enfant. Sans donner plus d’éléments de contexte et/ou de précisions, le Parquet fait surgir une dimension ethnique et raciale à ce meurtre – là où il aurait pu simplement se passer de commentaire dans l’attente de l’avancement de l’enquête. En insistant sur cet élément sans fournir plus d’explication sur le tir policier meurtrier, le discours du Parquet contribue à insérer ce meurtre policier dans un imaginaire raciste présent en Belgique, qui associe les populations racialisées négativement par l’Etat, à certaines formes de violences et de désordre.
La mort de ce père de famille à Eupen s’ajoute à une liste déjà longue de personnes tuées par balle lors d’interventions policières, dont les circonstances ont, quasi systématiquement, été contestées par les proches des victimes. C’est le cas d’Adama Condé, abattu par trois policiers à Namur en décembre 2025, ou encore de Mawda, 2 ans, tuée par un tir policier en 2018 lors d’une course-poursuite avec la police près de Mons.
Deux enquêtes sont en cours, dont une du Comité P, organe policier ayant pour mission d’enquêter sur de potentiels délits commis par des policièr·es. Nous reviendrons prochainement sur les faits.
Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches de la victime.

