Une vitrine promotionnelle pour le fascisme et l’impérialisme

Ce 28 juin 2026, le parc du Cinquantenaire à Bruxelles sera entièrement privatisé durant deux jours, et partiellement privatisé et sécurisé durant 12 jours pour accueillir une fête organisée par l’ambassade des États-Unis à l’occasion de ses 250 ans. Plusieurs organisations militantes, comme le Front Des Mères et Extinction Rebellion, ont annoncé s’opposer à la tenue cette mégafête, qui, pour elles, vise « soutenir activement la politique du président Trump et le monde qu’il nous impose« .

Une manifestation est organisée le 28 juin à 17h30 de Schuman au Cinquantenaire par Extinction Rébellion et Indivisible Belgium, contre l’événement.


Contrairement à l’image de gardien de la « liberté » et de « l’humanité » qu’aimerait se donner les Etats-Unis, ce pays est une colonie de peuplement européenne, fondée sur la colonisation, le génocide des peuples natifs et leur mise en « réserve », la suprématie blanche, l’esclavage et la ségrégation raciale. Ce sont les lois raciales aux États-Unis aux côtés d’autres États coloniaux, qui ont notamment inspiré les lois fascistes de Nuremberg en Allemagne nazie en 1935. Aimé Césaire le formulait dans son Discours sur le colonialisme : l’Europe ne s’est jamais scandalisée du fascisme tant qu’il s’exerçait hors de son territoire. Il en est de même pour les Etats-Unis.

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, les États-Unis imposent et orientent la politique et l’économie internationales dans son intérêt particulier et celui de l’Occident au détriment de Sud global. Lorsque les moyens ne suffisent pas à imposer la primauté de ses intérêts aux États et aux peuples, qui sont non-alignés ou même opposés au modèle capitaliste, les États-Unis font la guerre, pour ses intérêts politiques et économiques.

Cependant, le Bourgemestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close ( PS) ne voit pas du tout cet événement comme une vitrine ni « un soutien » à la politique impérialiste et fasciste de Trump. Ce dernier explique qu’il accepte « cette commémoration » comme il l’accepterait un évènement de n’importe quels autres États. Pourtant, Bart De Wever (N-VA, extrême droite) y est invité en tant que Premier ministre et devrait. Le secrétaire général de l’OTAN, l’alliance militaire des puissances occidentales, Mark Rutte, est également attendu lors de l’événement. L’ambassadeur états-unien expliquait en mai 2026 également démarcher Ursula Von Der Leyer, pour représenter l’Union européenne.

Ni vitrine, ni soutien, mais la ville de Bruxelles a accepté d’accueillir, de privatiser et de protéger l’événement mégalo et démesuré, faisant de fait la promotion de la première puissance mondiale. Première puissance, dont le gouvernement néofasciste, est actuellement impliqué dans plusieurs guerres et interventions impérialistes, en Palestine, en Iran, au Venezuela et impose des régimes de sanctions inhumains à des centaines de millions de personnes dans le monde. De plus, au sein de son territoire, les Etats-Unis appliquent des politiques néofascistes notamment via ICE, qui rafle, enferme et expulse des personnes considérées comme étrangères. C’est la même logique néofasciste qui est à l’oeuvre dans la criminalisation des personnes trans et de l’avortement pour les personnes sexisées aux États-Unis.

C’est au cœur de l’Europe et là où se situe le siège de l’OTAN que se déroulera cette fête, pour laquelle plus de 3.5 millions d’euros auraient déjà été investis. Selon l’ambassadeur états-unien, cette fête serait entièrement financée par des dons privés de sponsors belges et étatsuniens, notamment par ABinbev, une des plus grandes entreprises belges, qui produit principalement de la bière.

Au programme ? Plusieurs milliers d’invité·es trié·es sur le volet, vol de drones, démonstrations, feu d’artifices et beaucoup, beaucoup, beaucoup de sécurité. Le survol par des avions militaires du parc avait été demandé mais a été refusé par le ministre de la mobilité, J.L Crucke (MR).

Les entrées et sorties du parc seront contrôlées avant, pendant et après l’événement. Selon des informations délivrées par la presse, du 21 au 2 juillet, le parc sera partiellement privatisé et sécurisé (donc pas fermé) par une société privée, choisie par les Etats-Unis en collaboration avec les polices locales et fédérales belges. Du 27 juin à la fin de la fête, le parc sera entièrement fermé et sécurisé avec un dispositif important.

Bill White, diplomate des États-Unis, est un homme d’affaires d’extrême droite, proche de Trump et de ses convictions, ainsi qu’un des grands donateurs pour sa campagne. Il a décrit comme suit la fête qui se tiendra à Bruxelles « plus grand événement, le meilleur, le plus incroyable, extraordinaire, phénoménal et fantastique — en dehors de ceux du président à Washington« . Le diplomate des États-Unis particulièrement virulent, s’était retrouvé au coeur de plusieurs polémiques diplomatiques en Belgique.

La Belgique est une puissance impérialiste de seconde zone qui, de différentes façons, s’aligne sur les intérêts des États-Unis. Si les États-Unis déclarent qu’il faut augmenter le budget militaire de chaque pays membre de l’OTAN, la Belgique – et les autres pays occidentaux – va suivre, et augmenter ses budget. L’État belge achète ensuite pour des dizaines de milliards, pris dans l’enseignement, la santé et les services publics, du matériel militaire états-unien. Les politiciens bruxellois ont beau s’en défendre et tenter de se distancier du gouvernement de Trump, mais la Belgique, coeur de l’Europe et de l’OTAN, est un allié et, à la fois, sous la coupole des États-Unis.

Bruxelles sera donc logiquement le réceptacle et le facilitateur de la propagande des États-Unis ce 28 juin, quoi qu’en disent les autorités. Ceci ne semble pas être au goût de tous·tes bruxellois·es, qui organisent une manifestation le 28 juin à 17h30 de Schuman au Cinquantenaire contre l’événement, et contre la propagande impérialiste des États-Unis.