Ce 26 mai 2026, la Chambre du Conseil de Charleroi a prononcé un non-lieu* dans le dossier d’Imad H., tué par la police le 23 mars 2023. Ce non-lieu a été prononcé après 3 années de lutte menées par la famille, les proches et le comité de soutien pour obtenir justice et vérité pour Imad.
Imad est décédé à l’âge de 43 ans après qu’un policier lui a tiré dessus à deux reprises, une balle dans le cœur et une dans la tête, à Seneffe. Imad était père de famille, et a laissé derrière lui deux enfants. Les faits se sont déroulés lors d’une course-poursuite avec plusieurs véhicules de police.
Les deux coups de feu qui ont causé la mort d’Imad ont été tirés alors que les policiers présents n’étaient pas en danger. En effet, la course-poursuite se terminait dans le cul-de-sac du Clos des Lilas et Imad ne se montrait ni violent ni menaçant. Un policier est pourtant sorti de son véhicule et a ouvert le feu. Selon la Chambre du Conseil, il aurait agi en état de « légitime défense » lorsqu’il a tué Imad.
Cependant, les images consultées, ainsi que les témoignages des proches d’Imad, montrent qu’il n’était pas réellement menaçant au moment des faits.
Directement après l’homicide policier d’Imad, la police aurait tenté d’étouffer les faits en mobilisant plus de 100 policiers et policières pour quadriller la zone, empêcher les proches d’intervenir et éviter toute révolte.
Depuis ce 23 mars 2023, jour où Imad a été tué par un policier, le comité Justice pour Imad, constitué autour de ses proches, n’a cessé de se battre pour réclamer vérité et justice.
Ces 3 années de lutte ont constitué un combat long et éprouvant pour les proches d’imad, qui en plus d’avoir perdu Imad, ont dû faire face à un appareil judiciaire qui, au-delà de sa complicité dans ces meurtres, retarde les procédures et finit les classer sans suite.
Comme l’illustre ce nouveau non-lieu dans une affaire de violence policière, le comité et les proches d’Imad ont été confrontés à une justice de classe et de race qui marginalise systématiquement les victimes et protège les policiers, quels que soient les éléments de preuve.

