À la suite des révoltes de l’enseignement début juin, ponctuées de manifestations sauvages, de blocages et affrontements et marquées par des violences policières, le MR a fait 3 propositions visant les enfants révolté·es ; la fin des aides sociales aux familles des « casseurs » et la mise en place d’une « loi casseur-payeur », ces deux propositions étant directement tirées de revendications du Rassemblement National (RN, extrême droite) en France. 

Le RN a lancé une pétition pour une loi « casseur-payeur » visant à criminaliser et durement sanctionné les personnes qui auraient dégradé lors de manifestations et/ou de célébrations. Cette pétition s’inscrit dans l’épisode politico médiatique de débat concernant la « casse » survenu après la Finale de la Ligue de Champions en mai dernier. Elle s’inscrit dans la rhétorique habituelle du parti d’extrême droite français, qui établit un lien systématique entre immigration et délinquance. Parmi ses mesures phares : la suppression des allocations sociales pour les « casseurs », une proposition que le MR belge a reprise à son compte.

En plus de ces deux propositions directement inspirées voir tirées de celles du RN, le MR a enfoncé le clou en proposant aux côtés de la N-VA et du Vooruit des « camps de redressement » militaires, pour les enfants révolté·es. Comme nous l’expliquions dans un article précédent, cette proposition ne relève pas simplement d’une rhétorique sécuritaire : elle s’inscrit dans une logique raciste et fasciste, qui déshumanise et « désenfantilise » ces jeunes, c’est-à-dire leur nie le statut même d’enfants, au croisement du racisme et du contrôle des corps perçu•es comme non blancs.

Deux propositions directement calquées sur celles du RN, et une troisième qui va encore plus loin donc.

Le MR fait ces propositions répressives et réactionnaires dans le contexte de fortes tensions dans la lutte entre le mouvement de l’enseignement et le gouvernement pour l’abandon de la réforme et le refinancement de l’enseignement. De plus, ces propositions visent les élèves révolté·es déjà l’objet d’une intense répression policière.

Si les journées de révoltes ont été un moment fort et riche politiquement, elles ont également été marquées par de nombreuses violences d’État : des enfants, parfois âgé·es de 12 ans, ont été gazé·es et matraqué·es, comme en attestent de nombreuses images. Tout le long des jours de révoltes aux abords de la Gare Centrale, la police locale et fédérale a fait du profilage racial de manière systématique en contrôlant et ciblant d’abord les enfants perçu·es comme noir·es et arabes. Des insultes racistes, sexistes et transphobes ont été proférées par des policier·ères, comme le démontrent nos images vidéos et les témoignages que nous avons recueillis de manifestant·es.

Ces propositions inspirées du RN et du registre fasciste s’ajoutent à la longue liste de signes de l’extrême droitisation du MR.