Le 19 mai, les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine, en désignant plusieurs figures du mouvement palestinien international comme « terroristes ». Parmi elles figure Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun, un réseau mondial de soutien aux prisonnier·ères palestinien·nes.

Cette décision intervient dans un contexte de répression croissante contre Samidoun. Régulièrement pris pour cible par les gouvernements occidentaux, le réseau a notamment été dissous en Allemagne. En Belgique, il se trouve dans le viseur du gouvernement Arizona. Mohammed Khatib fait par ailleurs l’objet d’une procédure visant à lui retirer son statut de réfugié, à la demande de l’ancienne secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Nicole de Moor.

En plus de Mohammed Khatib, les autorités américaines ont également placé sur leur liste Jaldia Abubakr, également membre de Samidoun, ainsi que Hisham Abu Mahfouz, de la Popular Conference for Palestinians Abroad (PCPA), et Saif Abu Keshek, l’un des responsables de la Global Sumud Flotilla.

L’une des conséquences directes de ce classement comme terroriste, signe de la dominance des États-Unis sur le système bancaire : ces palestiniens sont privés d’accès aux services bancaires, comme c’est le cas pour de nombreuses personnes ciblées par les États-Unis . Le compte de Mohammed Khatib a été fermé du jour au lendemain, le 19 mai. C’était un compte de la banque BNP, qui a elle-même des investissements en Israël. En parallèle, M. Khatib n’a plus accès à plusieurs services, dont par exemple l’envoi/la réception de colis via Bpost, entreprise liée à BNP.

En réponse, ce dernier a déclaré :

« Ce n’est pas une surprise de la part d’un système colonial comme les Etats-Unis et l’administration de la guerre de Trump. Les sanctions contre moi et d’autres braves leaders palestiniens dans le mouvement de solidarité sont une attaque directe sur la Sumud Flotilla, le mouvement de soutien aux prisonniers politiques et la diaspora palestinienne. Ces sanctions sont faites pour nous réduire au silence, nous isoler et répandre un climat de peur dans le mouvement. Mais l’histoire et la longue lutte de notre peuple nous ont appris que chaque tentative de répression nous rend plus forts ».

À propos de son compte bancaire, il explique :

« Je ne suis pas un propriétaire ou un businessman qui a peur des sanctions états-uniennes. Il n’y avait presque rien sur mon compte, de toute manière. Si je détiens une seule terre, c’est celle qui m’a été volée à Mallaha, en Palestine occupée. Je vais continuer à faire tout ce que je peux pour que tous·tes les réfugié·es palestinien·nes puissent rentrer sur leur terre et récupérer leur droit au retour« .

La répression à l’égard des voix palestiniennes, en particulier celles qui défendent une Palestine libre de la mer au Jourdain, ne cesse de s’approfondir. À l’heure où une partie du monde s’indigne des horribles traitements réservés par Israël aux prisonnier·ères de la Global Sumud Flotilla, des mesures continuent à cibler des voix et des organisations palestiniennes, à travers le monde.

La liberté d’expression s’arrête-t-elle juste devant la diaspora palestinienne ? La Belgique compte-t-elle réagir à ce classement injustifié de Mohammed Khatib et des autres comme terroristes ? Ou va-t-elle marcher main dans la main avec le gouvernement Etats-Unien ? Où va-t-elle marcher main dans la main avec le gouvernement états-unien ?

Les intérêts impérialistes occidentaux semblent, pour l’instant, continuer à guider la politique belge, tant dans le pays qu’à l’international.