Une nouvelle attaque contre la liberté d’expression

La nouvelle a été lourde pour les journaux et associations de comités de quartiers Inter-Environnement Bruxelles (IEB) et le BRAL (équivalent néerlandophone), qui ont récemment appris que le gouvernement de la région Bruxelles-Capitale ne comptait potentiellement pas reconduire les subsides qui leur sont alloués en environnement et en mobilité. Ces subsides régionaux constituent une importante partie de leurs entrées et leur permettent de mener à bien leurs missions.

Inter-Environnement Bruxelles est une ASBL qui rassemble des habitant·es de la région bruxelloise autour de questions urbaines, écologiques et sociales. Depuis plus de 50 ans, IEB lutte en grande partie pour le droit au logement pour l’ensemble des Bruxellois·es et dénonce les inégalités sociales et environnementales. IEB effectue également un travail d’éducation populaire en diffusant gratuitement ses articles ainsi que ses journaux trimestriels, mais aussi en proposant divers types de visites et d’ateliers urbains.

Au cours des dernières années, l’ASBL a notamment mené un travail de grande ampleur sur les conséquences sociales et environnementales liées à la construction du métro 3, ou encore sur les effets néfastes du plan Good Move sur certains quartiers populaires bruxellois. IEB s’est positionné contre de nombreux projets immobiliers, toujours dans l’optique de lutter pour le droit à un logement abordable et de qualité.

C’est précisément ce travail de terrain, profondément ancré et en lien avec les habitant·es des quartiers traversés par des luttes urbaines, que le gouvernement bruxellois semble vouloir faire taire. Le ministre bruxellois des Finances et du Budget, Dirk de Smedt (Open VLD), déclarait à ce sujet au journal BRUZZ qu’il «n’approuve pas les subventions pour les organisations qui entament des poursuites judiciaires contre la Région».

Cette information est démentie par les membres du BRAL et d’IEB, qui affirment que les subsides touchés en mobilité par la Région bruxelloise ne servent qu’à leurs missions et non à entamer des recours juridiques.

Dans leur communication au sujet de cette potentielle coupe de subsides, les membres d’Inter-Environnement Bruxelles rappellent qu’IEB joue un rôle central de contre-pouvoir dans les débats régionaux en matière de mobilité, d’urbanisme ou encore d’écologie. De cette manière, IEB souligne la nécessité de ne pas se laisser bâillonner pour garantir un rapport véritablement démocratique.

Cette potentielle coupe de subsides est le reflet des politiques libérales menées par le nouveau ministre-président de la Région bruxelloise, Boris Diliès (MR), qui, en plus de fragiliser une importante partie du secteur associatif bruxellois, tente de faire taire les voix qui s’opposeraient coûte que coûte aux projets régionaux allant à l’encontre de la qualité de vie des Bruxellois·es.

En attendant une réponse du gouvernement bruxellois et face à cette menace de baisse de subsides qui pourrait faire tomber IEB et le Bral, ces deux associations appellent les personnes qui les soutiennent à interpeller le gouvernement bruxellois et à rappeler la nécessité de ces associations dans le débat public bruxellois.

Contre cette tentative de les faire taire, nous apportons tout notre soutien à IEB et au Bral et ne pouvons que mettre en valeur le travail médiatique et politique qu’ils effectuent depuis des années.