
Dimanche 10 mai, la police arrêtait … un inspecteur du commissariat de Saint-Josse. Ce dernier a été mis en détention préventive. Il est accusé de « traite d’êtres humains en vue de l’exploitation de la prostitution, avec circonstances aggravantes d’abus d’autorité, de menaces verbales, de harcèlement, de violation de domicile par un particulier, de coups et blessures volontaires, de violation du secret professionnel, de rétention volontaire avec un intérêt pour l’action publique« .
Les informations parues dans la presse restent extrêmement lacunaires, tant le Parquet se refuse à donner des précisions. Notons cependant que cette arrestation fait notamment suite à une plainte de deux femmes que le policier aurait violemment virées de chez elles. L’une d’elles était travailleuse du sexe.
Soulignons également que ce policier avait déjà eu des démêlés avec la justice pour des faits de violences intrafamiliales, ce qui lui aurait valu un retrait de son arme de service.
Cette affaire semble montrer une nouvelle fois les liens entre les forces de l’ordre et certaines pratiques criminelles, notamment concernant la prostitution. Le quartier Nord est connu pour être un lieu central du travail du sexe en Belgique ; le quartier fait également face à des logiques répressives qui se sont encore intensifiées ces derniers mois. Depuis longtemps, associations et syndicats autonomes de travailleur·ses du sexe appellent à lutter contre la précarité et la dangerosité de leur travail.
Rappelons que les commerces du quartier Nord, dont beaucoup concernent des vitrines de la rue d’Aarschot, sont l’objet d’une fermeture administrative nocturne entre 1h et 6 h depuis la mi-mars. Menée par les communes de Saint-Josse et Schaerbeek, en collaboration avec la zone de police Bruxelles-Nord, cette « opération de sécurisation » du quartier est fortement dénoncée par les travailleur·ses du sexe qui voient leurs conditions de travail gravement impactées. Pour l’Union des travailleurs et travailleuses du sexe belges, Utsopi :
« Nous ne voyons pas en quoi cette décision va améliorer la sécurité, ni pour les personnes présentes dans la rue, ni pour les travailleurs et travailleuses du sexe« .
Sous prétexte de lutter contre la drogue et les faits de violences dans le quartier, l’opération policière et administrative s’inscrit plus largement dans un plan de nettoyage du quartier et se voit bien limitée dans sa capacité à assurer la sécurité des usagers du quartier. Des alternatives sont possibles et demandées de toute urgence par différent·es acteur·rices du quartier afin de répondre structurellement aux problèmes sociaux auxquels est confronté le quartier Nord et en concertation avec les réalités de ses usager·ères. En ce qui concerne le travail du sexe, cette opération de répression administrative et policière ne répond pas au besoin réels du quartier, risque d’approfondir la criminalisation des TDS et « accroît le risque de violences et d’exploitation« , selon Utsopi.

