
Cette année aura lieu à Bruxelles la manifestation du 1er mai révolutionnaire, à 14h eu départ de la place Marie Janson. Sous le slogan « Plus que jamais » face aux offensives du gouvernement Arizona et dans le contexte de la fascisation des Etats à l’échelle du globe et des guerres impérialistes dans le Sud global, les organisateur·ices appellent à rejoindre largement la manifestation.
Le 1er mai est une journée de lutte centrale dans l’histoire des luttes des travailleur·ses et des classes opprimées, et ce, dès la fin du 19e siècle. Cette journée de lutte et la tradition du premier mai sont notamment liées à l’acquisition de la journée de 8 heures. Depuis 2018 à Bruxelles, l’Alliance du premier mai appelle a une manifestation sur une base claire : réunir les forces révolutionnaires en Belgique pour défendre l’idée d’une révolution sociale internationaliste contre le capitalisme, le suprémacisme racial et le patriarcat. Pour l’Alliance du 1er mai révolutionnaire, ce n’est pas un simple rendez-vous annuel militant, mais un appel à construire dans le temps un projet politique capable de réaliser ses ambitions.
Au fil des années, la manifestation révolutionnaire s’est installée dans le paysage bruxellois, d’abord aux côtés d’autres initiatives, elle est aujourd’hui la principale manifestation lors du 1er mai dans la Capitale. La manifestation réunit les forces politiques de la gauche radicale ; révolutionnaires, internationalistes, décoloniales et antiracistes, féministes, syndicales et autonomes, … L’année dernière, plus de 5 000 manifestant·es avaient rejoint les différents blocs du cortège : bloc internationaliste (Palestine, Kurdistan, Iran, Turquie, …), bloc de tête, ou encore le bloc « chill » accessibles aux familles et enfants. Cette année une garderie est également organisée durant la manifestation, qui finira sur la Place du jeu de balle, où un village militant réunira des stands d’organisations et de collectifs (de 16h à 20h).
Plusieurs organisations et collectifs ont appelé à rejoindre la manifestation :
» Cette année encore, nous nous rassemblerons et marcherons ensemble, militant·e·s politiques de l’exil et de l’immigration, travailleurs et travailleuses en lutte, militant·e·s actif·ve·s sur les fronts de l’antifascisme, de l’anti-impérialisme, de l’écologie radicale, de la libre circulation des personnes et de la lutte contre les oppressions de genre. » L’Alliance du premier mai révolutionnaire
« À l’heure où nous n’avons jamais semblé aussi faibles et désorganisé·es, où les relais traditionnels des luttes ouvrières sont ébranlés […] la lutte révolutionnaire n’a jamais été aussi nécessaire. », le Front d’Action Révolutionnaire (FAR)
« […] Car nous savons qu’il n’est pas question de protester contre la guerre mais de lutter contre elle, qu’il est question de choisir son camp. » Classe Contre Classe (C3)
« Face aux politiques antisociales du gouvernement Arizona et aux attaques répétées du patronat sur nos conditions de vie et de travail, il est essentiel de renforcer la convergence des luttes.« Bloc en Lutte (CGSP-ALR)
« Le monde que les puissances racistes, réactionnaires, classistes et validistes essayent de nous imposer est également le nôtre et nous devons le défendre. On ne choisit pas nos luttes, mais on a le choix de nos tactiques. » Les Soulèvements de la Terre Bruxelles (SDLT)
« Il est du devoir des révolutionnaires d’être en première ligne dans la lutte contre l’Arizona, le capitalisme et la menace toujours plus grande d’une guerre impérialiste. » Les Jeunes Communistes Belges (JCB)
En 1886, dans les rues de Chicago aux États-Unis, des milliers d’ouvrièr·es et de travailleur·ses, se mettent en grève et refusent de reprendre le travail tant que la journée de 8 heures maximum n’est pas instaurée. Cette journée de lutte résonne jusqu’en Europe, où les conditions de travail sont tout aussi dures. En 1889, le congrès de la 2e Internationale socialiste, réuni à Paris, fait du 1er mai une journée d’action internationale. 2 ans plus tard, à Fourmies, dans le nord de la France, la police tire sur des manifestants : 9 morts.
En 1891 toujours, la Belgique organise ses premières manifestations du 1er mai, un pays qui sortait à peine d’un vaste soulèvement ouvrier dans le bassin industriel wallon, en mars 1886. À cette époque, la réglementation sociale du travail en Belgique est quasi inexistante : les journées de travail sont épuisantes, les semaines de 48 heures la norme, et la loi sur les 8 heures ne seront votées qu’en juin 1921. Pendant plusieurs décennies, les cortèges du 1er mai en Belgique portent donc des revendications sociales concrètes, notamment autour des conditions de travail. Ce n’est qu’en 1946 que le jour devient officiellement férié, après 50 ans de mobilisations dans les rues.
Cette tradition de lutte combative et révolutionnaire se prolonge aujourd’hui, où l’Alliance du premier mai révolutionnaire appelle à manifester ce 1er mai à 14h, au départ de la place Marie Janson. Cette année, sous le slogan « Plus que jamais », face aux politiques du gouvernement Arizona et dans un contexte mondial marqué par la montée du fascisme et des guerres, la manifestation entend s’inscrire dans ce que le 1er mai a toujours été à son origine : un appel à l’organisation collective pour lutter contre le capitalisme et son monde.

