Non au projet A’Rive : Nouvelle ZAD urbaine à Anderlecht

10 Digue du Canal, 1070

Depuis le samedi 7 mai 2022, des militant.e.s et des habitant.e.s occupent à Cureghem des bâtiments achetés par les entreprises de promotion immobilière Immobel et BPI afin de bloquer le potentiel projet A’Rive (anciennement nommé Key West). C’est une occupation politique contre le projet de logement de luxe, la gentrification et la spéculation immobilière à Anderlecht.

Pour rappel le projet A’Rive c’est la destruction de plusieurs bâtiments pour reconstruire 524 logements de luxe, sous la forme de hautes tours, en plein milieu d’un quartier populaire (Cureghem). Le plan a été élaboré entre la région bruxelloise et les entreprises privées (Immobel et BPI), un travail donc main dans la main des services publics et des promoteurs pour gentrifier le quartier, progressivement exproprier ses habitant.e.s au profit d’un public riche.

Cela fait longtemps que les habitant.e.s et des militant.e.s s’organisent contre le projet : le collectif d’habitant.e.s « Pas de tour à Anderlecht » lutte depuis plusieurs années contre le projet de luxe. Interpellation communale, mobilisation de quartier, pétition… Le projet a également été attaqué en justice par IEB (Inter-Environnement-Bruxelles) et une première occupation politique avait eu lieue de novembre à décembre en 2021, soldée par une expulsion policière.

Dans un communiqué de presse les habitant.e.s de la nouvelle ZAD expliquent : « Cette nouvelle occupation, prenant la forme d’une ZAD (Zone à Défendre) urbaine, rappelle la détermination à bloquer le projet. Nos revendications restent les mêmes que tou.te.s les habitant.e.s, collectifs et associations s’étant opposés au projet, dénonçant que ce projet est désastreux. Désastreux parce qu’il ne propose que des logements hors de prix alors que de nombreuse personnes ont du mal à se loger décemment. »

« Désastreux parce que ce projet ferait augmenter le prix des loyers dans tout le voisinage proche et le long du canal, ce qui obligerait de nombreuses familles à quitter le quartier. Désastreux parce que la vie du quartier, ses commerces, ses activités seraient impactées par l’arrivée de nouveaux habitants bien plus fortunés : produits de consommation plus chers, espaces publics fermés, sur-répression des personnes trainant dans l’espace public…  Il s’agit bien d’un processus de gentrification à bloquer par tous les moyens. »

« Si ce projet voit le jour, c’est parce que la commune d’Anderlecht et la Région bruxelloise ont décidé d’accorder ce droit à Immobel et BPI, deux requins de l’immobilier. Après avoir exproprié les pôles économiques et sociaux donnant vie à l’époque à cet endroit, ils laissent ces bâtiments aujourd’hui à l’abandon, laissant croire que seul leur projet sauvera ce lieu du sinistre, alors qu’ils sont la cause même de ce sinistre. Ils pourront grâce à cela se faire de l’argent sur le dos du quartier et de ses habitant.e.s. Encore une fois, les pouvoirs publics travaillent main dans la main avec les entreprises privées sans se préoccuper des intérêts de la population. »

« Pourtant les intérêts du quartier tentent toujours de se faire entendre. Des jeunes demandent régulièrement un endroit pour pouvoir se poser, sans devoir formellement faire partie d’une association. Des parents demandent plus d’activités accessibles pour leurs enfants. Des personnes en galère de logements cherchent sans relâche des habitations abordables, sans tomber dans les mains de marchands de sommeil. Beaucoup souhaite un endroit où se rencontrer entre personnes quartier, sans que tout soit lucratif, et donc excluant. »

« Pour ces raisons, et car les autorités ne veulent rien entendre, nous avons repris en main le ressort de ces bâtiments. Nous exigeons que les autorités régionales et communales annulent ce projet et prennent réellement en compte les besoins des habitant.e.s de Cureghem et des alentours. En attendant d’avoir cette garantie, nous tiendrons ce bâtiment hors de portée des autorités et de leur police, nous y proposerons des activités pour le quartier, et le mettrons à dispositions de tou.te.s comme lieu de rencontre et d’initiatives. »