La Boum 2 : émeute au bois de la Cambre

Ce samedi premier mai, suite à l’appel du collectif « l’Abîme », plusieurs milliers de personnes se sont rendues au bois de la Cambre, dans la plaine située en dessous du kiosque. Le rassemblement comportait une foule diversifiée : jeunes fêtard.e.s ou en colère, issus de différents milieux ; gilets jaunes, parents … et l’extrême-droite qui était présente, notamment des hooligans ivres impliqués dans plusieurs bagarres. Les envies étaient aussi variables : certain.e.s voulaient faire la fête, d’autres aspiraient à être offensifs envers la police, tandis qu’une partie voulait protéger le cordon policier.

Le dispositif policier était aussi impressionnant que prévisible : un grand nombre de policiers en civil, la brigade canine, la police montée, 4 autopompes, un hélicoptère, des drones, … Aux alentours de 16h, des combis ont fait une première incursion dans la foule, rapidement chassés par des manifestant.e.s. Un cordon de policier.ère.s s’est alors déployé le long de la plaine afin de l’évacuer. Plusieurs dizaines de personnes ont tenté de les chasser à l’aide de projectiles ; un petit groupe a essayer de les en empêcher.

La police a alors commencé à charger, utilisant du gaz lacrymogène à foison. La plaine a été rapidement évacuée, et les manifestant.e.s séparée en plusieurs groupes. Une centaine de personnes ont bloqué l’avenue Franklin Roosevelet. Un groupe s’est dirigé vers la plaine des artilleurs, où le rassemblement a tourné à l’émeute, la police essuyant notamment des tirs de feux d’artifices et se faisant charger à plusieurs reprises par les jeunes les plus déterminés, finalement applaudis par une partie de la foule. Une personne a été renversée par une auto-pompe et a perdu brièvement connaissance.

Les affrontements ont continué pendant plusieurs heures. De nombreuses barricades ont été érigées. La police a fini par reprendre totalement le contrôle du bois en soirée, aux alentours de 21h. De nombreuses personnes ont été arrêtées autour du bois, après en être sorti (notamment près de l’ULB et du côté d’Uccle). Au total, on dénombre 132 arrestations, dont 5 judiciaires. 13 policier.ère.s et 15 manifestant.e.s auraient été blessé.e.s. Toutes les personnes interpellées sont sorties de garde-à-vue.

Nous avons reçu de nombreux témoignages de violences policières. Outre la personne percutée par l’autopompe, au moins une autre s’est faite renversée par un cheval. La police a matraqué, gazé et insulté (« salope », « sale pute ») des gens hors du bois. Dans le bois, vers 21h, des combis tournaient et s’arrêtaient pour tabasser des gens qui ne résistaient pas. Au moins 3 personnes différentes ont subi ce sort. Un journaliste indépendant muni d’un casque « presse » s’est aussi fait rouer de coups. Au moins un policier a lancé des bouts de bois (voir photos).

Les réactions politiques et médiatiques à l’événement ont évidemment fusé. Contrairement à d’autres médias, nous avons pris le temps de récolter un maximum d’informations avant de rédiger notre article. Ainsi, nous condamnons par exemple les paroles du journal Le Soir, pour qui les affrontements sont le fait de « casseurs infiltrés ». En recoupant les témoignages, il est évident qu’une partie conséquente des personnes présentes était d’accord avec les débordements, bien qu’une autre partie prônait la non-violence.

Par ailleurs, Annelies Verlinden, ministre de l’intérieur, a immédiatement remercié la police pour « avoir garanti la sécurité de tant de personnes ». De nombreuses vidéos et témoignages démontrent pourtant une police ultra-violente. Interrogées à ce sujet, les forces de l’ordre ont répondu que les images manquaient de contexte. Enfin, notons que le collectif l’abîme a d’ores et déjà déposé une demande d’autorisation pour organiser la Boum 3 le 29 mai, au bois de la Cambre.

Sources :

https://secoursrouge.org/bruxelles-1er-mai-agite/