RETOUR PHOTOS : MOBILISATION DU 9 OCTOBRE – Plus de 50 000 personnes contre le gouvernement Arizona

13 octobre 2026 - Ce vendredi 9 octobre, les syndicats ont appelé à une grande mobilisation "d'avertissement" contre le gouvernement Arizona et ses mesures antisociales. De nombreux collectifs appelaient par ailleurs à une mobilisation par-delà l'appel des syndicats, élargissant le mouvement. De milliers élèves se sont également mobilisé·es, pour défendre leurs droits et ceux...

Ce vendredi 9 octobre, les syndicats ont appelé à une grande mobilisation « d’avertissement » contre le gouvernement Arizona et ses mesures antisociales. De nombreux collectifs appelaient par ailleurs à une mobilisation par-delà l’appel des syndicats, élargissant le mouvement. De milliers élèves se sont également mobilisé·es, pour défendre leurs droits et ceux de leurs enseignant·es.

La journée a commencé par des piquets de grève. De nombreux étudiant·es ont bloqué leur école : l’Université libre de Bruxelles, l’ERG, Athénée Charles Janssens, ou encore l’Institut des Arts et Métiers à la Ville de Bruxelles. Des blocages qui ont eu lieu toute la semaine.

En matinée, une action syndicale de la CSC a eu lieu devant le MR. les militant·es présent·es ont fait un sit in devant le siège du parti.

La manifestation nationale de ce vendredi a commencé vers 10h à Gare centrale, avec des prises de paroles. Étudiant·es, enseignant·es, travailleur·euses, associations et militant·es ,des milliers de personnes étaient présentes. Organisé par la FGTB et la CSC, on retrouvait les différents syndicats dans le cortège, ainsi qu’un bloc culture, un bloc santé- social, Commune Colère, Mars Attack, le Collectif 8 mars, l’Organisation communiste révolutionnaire (OCR) ou encore le Bloc Collectif Jeunesse Indépendante. Les manifestant·es dénoncaiennt les politiques d’austérité du gouvernement Arizona, les réformes de l’enseignement ainsi que les durcissements des mesures visant les personnes en séjour irrégulier, avec le projet de loi sur les visites domiciliaires.

Avant le début de la manifestation, la police a procédé à des fouilles à Gare Centrale ainsi qu’à Parc Royal. Du matériel de soin a été saisi, comme du sérum physiologique et du malox*. A 10h, la place de l’Albertine, entre le Mont des Arts et la Gare Centrale était déjà bondée. Beaucoup de personnes présentes se questionnaient notamment sur le choix de la place, et sur les raisons qui ont mené le front commun syndical ou la ville de Bruxelles de la choisir comme lieu de départ d’une manifestation d’une si grande ampleur.

Un important dispositif policier a été mis en place : véhicules blindés, autopompes et équipement antiémeute.

Dès le départ de la manifestation, des affrontements ont éclaté sur le bas de la place Albertine. Les manifestant·es ont lancé des pavés, et feux d’artifice sur la police. Iels s’en sont également pris au mobilier urbain, trottinettes et vélo partagés. Les forces de l’ordre ont procédé à des violentes arrestations, principalement de mineur·es non blanc·hes. La police a également fait usage du canon à eau et de gaz lacrymogène en quantité pour tenter de disperser les groupes.

Vers 11h30, un grand feu a été bouté sur la place Albertine par des groupes de jeunes. La police est intervenue vers 12h et a gazé, puis fait usage de l’autopompe pour chasser les manifestant·es de la place Albertine. Plusieurs groupes sont tout de même restés toute la journée aux abords de la place.

Le cortège a alors été divisé en plusieurs groupes par les charges policières, qui se sont enfoncés dans le quartier des Marolles, avant d’arriver à la Gare du Midi, où pendant plusieurs heures des centaines de manifestant·es ont affronté la police. Un feu a été bouté vers 13h, et malgré les tentatives de l’éteindre à l’aide de l’autopompe pendant plus d’une heure, les jeunes ont réussi à tenir des barricades face à celle-ci. Deux bus STIB ont également été dégradés et poussés par les manifestant·es.

La manifestation a été lourdement marquée par des violences, mais elle aura aussi été le lieu de plusieurs moments de célébration et de force populaire. Les forces de l’ordre ont été dépassées par l’ampleur de la contestation, surtout portée pas les élèves. Ces jeunes ont pris la rue toute la journée, le tout accompagné de musique, danses, battle d’aura*, coupe de cheveux en pleine manifestation, fanfares, … Des signes de solidarité internationale étaient également présents : drapeaux congolais, palestiniens, souvent applaudis par la foule.

Vers le milieu d’après midi, les manifestant·es ont été séparé·es à la Gare du Midi, du côté avenue Fonsny. Un large groupe a été repoussé vers l’Esplanade de l’Europe où des affrontements ont encore eu lieu pour reprendre le tunnel de la Gare aux forces de l’ordre. Un groupe de manifestant·es d’environ 300 manifestant·es a quant à lui continué à affronter la police du côté St-Gilles.

Vers 17h, d’abord réunis à l’Esplanade de l’Europe, les différents groupes de manifestant·es ont convergé place Bara et le quartier Clémenceau. Un bus De Lijn et des arrêts de bus ont été endommagés sur le chemin et des incendies ont été boutés. Des renforts policiers sont arrivés prêter main forte aux forces en présence qui étaient jusqu’alors relativement dépassées.
Les manifestant·es ont reculé dans Cureghem où la police a fait un usage abondant de gaz lacrymogène et de l’autopompe. Cureghem est un quartier très dense, et la plupart des habitant·es n’étaient pas au courant des évènements. Une maman avec un bébé en poussette a risqué de recevoir un jet autopompe, heureusement des manifestant·es solidaires l’ont accompagnée pour l’amener dans une autre rue.

Les révoltes ont duré jusqu’en soirée, vers 21h30, des feux brulaient encore aux alentours de Gare du Midi.
De l’autre côté de la gare en début d’après-midi sur l’Esplanade de l’Europe, alors que la manifestation syndicale se terminait dans le calme, la police a chargé à l’autopompe et a fait usage de gaz lacrymogène. Selon des témoignages, cette intervention était purement arbitraire.

La police a confirmé 80 arrestations administratives et une trentaine de privations de liberté judiciaires hier soir. Une grande partie de ces personnes arrêtées, dont beaucoup de mineur·es, ont été relâchées cette nuit ou tôt ce matin. De nombreuses violences policières ont eu lieu tout au long de la journée.

Nos observations au sujet des interventions policières du 9 octobre :

– De nombreux policier·ères ne portaient pas de matricule et n’étaient donc pas identifiables, ce qui est illégal.
– Des nasses ont eu lieu alors qu’elles ne sont pas encadrées par la loi.
– Plusieurs tirs tendus de grenade lacrymogène ont visé directement la foule. Ces tirs doivent être normalement effectués en cloche. Les tirs tendus peuvent mener à des blessures graves.
– Les autopompes de la police sont intervenues plusieurs fois sans sommation sonore.
– Plusieurs combis de police ont manqué de renverser des manifestant·es à vive allure, dans plusieurs cas observés des personnes ont évité de justesse les voitures de police.