En raison de la manifestation nationale du 12 mai, des milliers de manifestant·es sont attendu·es à Bruxelles pour protester contre les réformes du gouvernement fédéral de la coalition Arizona (N-VA, MR, CD&V, Vooruit et Les Engagés).

Le lendemain de la manifestation, le Parlement doit discuter du projet de réforme des pensions, qui inclut notamment le controversé « malus pension ». Une pénalité sur la pension pour les personnes qui partent en retraite anticipée sans avoir une carrière jugée “assez longue”. Les syndicats espèrent accentuer la pression politique avant ce vote. La CSC, la FGTB et la CGSLB dénoncent une réforme des pensions qui appauvrit les travailleurs et les travailleuses, ainsi qu’une « attaque » contre l’indexation automatique des salaires dans un contexte de flambée des prix de l’énergie.

La dernière manifestation nationale remontait au 12 mars. Plus de 100.000 selon les syndicats avaient alors défilé dans les rues de Bruxelles.

Tour d’horizon d’une partie des secteurs en grève.

Les prisons

  • Grève dans toutes les prisons du pays le 11 mai
  • Une manifestation nationale est également organisée à Lantin pour dénoncer la dégradation des conditions de travail.
  • Le nombre d’incidents critiques a doublé en un an dans les prisons belges : 161 incidents en 2024, contre 321 en 2025, soit quasi un incident grave par jour. En deux ans, les absences de travail ont augmenté de plus de 30 %.
  • Théoriquement, il y a 11.064 places dans les prisons belges, mais le nombre de détenus est de 13.733. Au moins 754 personnes dorment sur des matelas au sol en prison

L’enseignement

Plusieurs écoles secondaires de Liège ont annoncé un préavis de grève courant du 11 au 27 mai, et le collectif citoyen Mars Attacks appelle à deux semaines d’actions dans l’enseignement. Le mouvement, qui rassemble déjà une centaine d’écoles du primaire, du secondaire et du supérieur, dénonce les politiques d’austérité de la majorité MR-Engagés en Fédération Wallonie-Bruxelles.

  • Les écoles ne seront pas fermées, mais des piquets de grève et actions sont prévus, les enseignants s’organisant pour se relayer.
  • Parmi les formes d’action prévues : grèves de 49 minutes, boycott de journées pédagogiques, refus de transmission de résultats, et une « guinguette martienne » à Charleroi le 21 mai.
  • Une présence continue d’enseignants est prévue devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles du 11 au 27 mai.

« Le collectif n’abandonnera pas tant que le gouvernement ne cédera pas. » Mars Attacks

Cheminots

La CGSP-Cheminots souhaitait rejoindre le mouvement du 12 mai en déposant un préavis de grève pour dénoncer la réforme des pensions. HR Rail, la société gérant les ressources humaines de la SNCB et d’Infrabel, a refusé ce préavis, estimant que la procédure de « sonnette d’alarme » n’avait pas été respectée. Le syndicat dénonce un blocage.

« Aucun employeur ne peut s’arroger le droit de décider si ses travailleurs peuvent ou non exercer leur droit constitutionnel de se mettre en grève. »

  • La CGSP appelle à un rassemblement de solidarité le 13 mai devant la Tour des pensions à Bruxelles, suivi d’un second rassemblement devant la direction des chemins de fer.
  • Par ailleurs, les syndicats du secteur des entreprises de travail adapté bruxelloises ont également déposé un préavis de grève, les négociations sectorielles étant « dans l’impasse » sur la question des chèques-repas notamment.

Retour sur les perturbations attendues.

Des perturbations sont attendues sur le réseau STIB et TEC. Du côté de la SNCB aucune grève n’a été annoncée.

Transports en commun

Aéroports

  • Brussels Airlines a réduit son offre de 60 % pour le 12 mai, et un peu moins de la moitié des vols au départ devrait être assuré.
  • L’aéroport de Charleroi sera quant à lui complètement à l’arrêt.

Autres services publics

  • D’autres secteurs connaîtront aussi des perturbations : administrations publiques, ramassage des déchets, fermetures de certains recyparcs, etc.

Les syndicats à la traîne d’une colère qu’ils ne maîtrisent plus

Si la mobilisation est réelle et massive, il faut pourtant poser la question que beaucoup de travailleur·euses posent entre elles et eux : à quoi mènent ces journées d’action, si elles se répètent sans jamais faire plier le gouvernement ? Depuis des mois, la recette est la même et les réformes continuent leur chemin. Le 12 mars, plus de 100.000 personnes etaient déjà dans les rues.

Ce n’est pas la combativité de la base qui manque, c’est une stratégie des appareils. Les grèves spontanées qui éclatent ici et là, les mobilisations qui naissent en dehors des structures syndicales témoignent d’une énergie que les organisations traditionnelles peinent à canaliser et, parfois, semblent même craindre. La CSC, la FGTB et la CGSLB gèrent le calendrier social comme un agenda : sans jamais pousser vers une grève générale interprofessionnelle qui mettrait réellement le pays à l’arrêt.

Jusqu’où les directions syndicales sont-elles prêtes à aller ? Et si elles ne sont pas prêtes à aller plus loin, qui le sera ?

C’est donc une grande expression de colère sociale qui est attendue dans les rues ce jeudi 12 mai contre l’Arizona. Les objectifs des manifestant·es varient mais tous et toutes s’opposent au gouvernement, pour le faire reculer sur ces réformes ou pour le faire tomber.