Jozef Chovanec décédé en 2018 à la suite de son arrestation à l’aéroport de Charleroi : aucun•es policier•es poursuivies en justice

Le 23 février 2018, Jozef Chovanec, slovaque de 38 ans, a été conduit dans une cellule de police à l’aéroport de Charleroi parce qu’il n’avait pas les documents nécessaires pour monter à bord d’un avion en direction de la Slovaquie. Il aurait également poussé un agent de bord. Cette nuit-là, dans un état de confusion, il s’est cogné la tête à plusieurs reprises contre un mur jusqu’à ce qu’il soit couvert de sang, après quoi, six policier·es sont entré·es dans sa cellule pour le maitriser de manière brutale.

Des images de caméras ayant fuité en 2020 révèlent ainsi qu’il a subi un plaquage ventral pendant plus de 15 minutes, la tête enveloppée dans une couverture, mains et pieds liés par des colsons. A côté des policier·es sourient, une policière a alors fait un salut nazi en mimant la moustache d’Adolf Hitler. Ces images avaient fait beaucoup de bruit à l’époque. Après plusieurs heures d’intervention un médecin lui a injecté un calmant. Il a été transporté à l’hôpital, où il est tombé dans le coma puis décédé plusieurs jours plus tard.

Selon le rapport des expert·es judiciaires, La police n’est pas responsable de la mort de Jozef Chovanec, aucun·e des agent·es de police ne seront poursuivis pour sa mort. Il se serait blessé mortellement en se cognant la tête contre les parois des cellules. La suffocation par les policier·es ne serait pas la cause du décès. Cependant, les proches de Jozef Chovanec et les expert·es, notamment le médecin légiste Win Van de Voorde, contestent cette version. En effet, ils affirment que la suffocation est la cause de décès la plus plausible et ont demandé une enquête supplémentaire.

L’avocate de la famille de J. Chovanec, Ann Van de Steen, commente « La position du ministère public nous paraît incompréhensible. (…) Ce n’est pas comme si vous pouviez dire qu’il n’y a aucune preuve de culpabilité, n’est-ce pas ? Il y a tellement de contradictions. Il devrait au moins y avoir une discussion au tribunal. ». Le juge d’instruction en charge de l’affaire doit encore décider si une enquête supplémentaire sera menée. ‘il décide qu’elle ne devrait pas avoir lieu, alors la famille pourra faire appel à cette décision. Tout notre soutien et nos pensées vont à la famille Chovanec dans leur procédure et leur combat pour la justice !

L’affaire Chovanec révèle bien les guerres judiciaires qui sont menées aux familles qui luttent contre les violences policières. Les procédures sont longues, durent souvent des années et sont extrêmement couteuses pour les familles. Ce n’est pas uniquement l’institution policière qui se défend, ce sont aussi les politiques qui défendent la police, pensons à Jan Jambon (N-VA) qui après la divulgation de la vidéo en 2020 avait directement pris la défense des policiers, en disant que le rapport produit par la police était neutre, omettant qu’i avait pourtant rencontré l’ambassadeur de Slovaquie, pour éviter un incident diplomatique, tellement les conditions de la mort de Jozef Chovanec sont aberrantes. Mais c’est également la justice qui défend la police et c’est pour cela que les contre-expertises sont si importantes pour les familles, tant celles des expertises judiciaires tendent régulièrement à ne pas responsabiliser le corps policier.

Sources :

1 https://www.brusselstimes.com/belgium/353889/prosecutors-office-does-not-want-a-trial-for-death-of-chovanec-in-charleroi-police-cell

2 https://www.lalibre.be/belgique/judiciaire/2021/09/27/affaire-chovanec-la-scene-de-linterpellation-sur-le-tarmac-reconstituee-WDCYMUGN4VGDTNXJLYFHMF77B4/