Expulsion de la ZAD d’Arlon

Lundi dernier, 150 policier.ère.s sont entré.e.s dans la ZAD (Zone À Défendre) d’Arlon à 5h du matin. Ils et elles ont expulsé 10 occupant.e.s, avant de prendre le contrôle de la zone : elle a été clôturée, et les constructions sont en train d’être détruites. L’occupation avait commencé 17 mois auparavant, en octobre 2019, pour s’opposer à la création d’un zoning industriel sur le site classé zone de grand intérêt biologique, notamment parce qu’il accueillait nombre d’espèces protégées.

Cette opération s’est déroulée en secret, sans avis d’expulsion. Le conseil communal d’Arlon n’a même pas été consulté. Les zadistes n’ont pas pu mobiliser leurs soutiens. Des rassemblements de soutien ont pris place à Namur, Liège, et Arlon le jour même, ainsi qu’à Bruxelles le lendemain. Plusieurs centaines de personnes s’y sont rendues. Les force de l’ordre ont plaqué contre un mur et menotté une dame de 50 ans qui filmait un contrôle dans le cadre du rassemblement arlonais.

La police et le Bourgmestre se félicitent qu’aucune violence ne se soit produite pendant l’intervention. Pourtant, les zadistes tiennent un autre discours : “Mon camarade et moi avons été tirés du lit par trois policiers armés, en habits de camouflage. Ils nous ont allongés par terre et nous ont pointé leur fusil d’assaut derrière la nuque. On ne pouvait rien faire. L’une de nos camarades a été tirée par les cheveux par la police”. 

Sur les 10 personnes arrêtées, 9 ont été relachées après détention administrative. Prétextant un manque de cellule dans le commissariat d’Arlon, la police a éparpillé les interpellé.e.s dans plusieurs commissariats de la région. Certain.e.s ont été relâché.e.s sans portable ni affaires personnelles à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu d’arrestation. Un des zadistes aurait été contraint d’effectuer nu plusieurs heures de détention. 
Enfin, un homme est toujours détenu dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur un blocage d’autoroute qui avait été réalisé en novembre 2020, le jour des deux ans du mouvement Gilets Jaunes. Vendredi après-midi, un juge a confirmé qu’il resterait en prison encore au moins 28 jours, le temps que l’enquête avance. Les zadistes ne comptent pas en rester là et appellent à soutien : “déployez des banderoles, peignez les murs, placardez vos affiches, pour montrer que les ZADs sont partout”.