Piratage de panneaux publicitaires à Bruxelles

Dans l’après-midi du 16 décembre 2020, une quarantaine de panneaux publicitaires de l’entreprise ClearChannel ont cessé de fonctionner. Pour cause, un petit groupe déterminé avait décidé de les pirater. L’entreprise n’est intervenue que le lendemain matin, laissant les panneaux aux mains du groupe, qui a pris une initiative originale. Au lieu de remplacer les publicitaires par du contenu établi à l’avance, les auteur·e·s ont décidé de transformer les écrans en surfaces collaboratives “etherpad” (similaire à Google Docs, l’appartenance à la multinationale en moins). Les passant·e·s et les participant·e·s ont donc pu écrire ce que bon leur semblait sur les écrans, jusqu’au lendemain matin. 

Le petit groupe a ensuite partagé un texte sur le site 

bxl.indymedia.org pour expliquer leur geste, qui commence comme suit : “Avec une haine mal dissimulée, nous nous sommes habitué·e·s à l’apparition de toutes sortes d’appareils publicitaires dans les rues de nos villes. En essayant d’ignorer leur présence, leur éclat se jette sur nous alors que nous essayons d’échapper à leur demande d’attention.

Nous avons appris à limiter leur impact toxique sur notre propre perception individuelle, à filtrer le langage de manipulation qu’ils utilisent pour séduire les gens de consommer. Néanmoins, leurs mécanismes malades nous affectent tou·te·s, ils affectent nos villes et ils affectent nos vies ; la publicité est l’un des principaux piliers du capitalisme […].” 

Les auteur·e·s soulèvent un point important : notre habitude à la passivité nous pousse à accepter tout ce qui se présente comme normal à nos yeux, même ce qui ne fait pas sens. Les publicités en sont l’exemple même : qui aime poser son regard dessus ? Pourtant, nous le faisons tou·te·s, parce que nos déplacements en ville rendent cela obligatoire. Les publicités ne manquent pas de désavantages. Les panneaux sont archi polluants et ne présentent d’utilité que pour les entreprises qui y affichent leurs derniers produits. En plus, ClearChannel envisage d’y inclure un système pour tracer les passant·e·s et leur smartphone (à ce sujet, voir un post précédent : “Panneaux publicitaires transformés en outils de traçage de masse”). 

Par cette action, le groupe exprime qu’il n’y a pas lieu de se résigner à accepter la nocivité de la publicité à tous les coins de rue. 

Il rappelle que la passivité n’est pas forcément le propre de l’être humain. Tout le monde déteste la publicité.

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