Retour sur la manifestation Black Lives Matter à Bruxelles

Ce dimanche 7 juin 2020, entre quinze et vingt mille manifestant·e·s se sont regroupé·e·s à la place Poelaert à 15h pour protester contre le racisme et les violences policières. Plusieurs collectifs actifs sur ces sujets ont pris la parole pendant une heure et demi avant que les participant·e·s ne se dispersent, la police n’ayant “toléré” qu’un rassemblement statique jusqu’à 16h30.

Une partie des manifestant·e·s s’est alors dirigé vers la place Royale où une ligne de police, des chevaux de frise et un auto-pompe barrait le chemin du parc Royal. Les deux groupes sont restés l’un en face de l’autre pendant une bonne heure, on a notamment pu entendre des “à genoux” à l’égard des forces de l’ordre. La tension montant, la police à commencer lancer du lacrymogène et distribuer des coups de matraques. Frustrée de n’avoir pas pu passer, la foule s’est ensuite dirigée vers la porte de Namur, avant de se diviser en plusieurs groupes dont certains se sont dirigés vers le Matonge où des camionnettes de police ont été caillassées. D’autres groupe se sont dirigés vers la porte de Hall, saccageant quelques boutiques de luxe au passage. Une autre partie des manifestant·e·s s’est dirigé vers Trône, où se situe la statue de Léopold II, qui a été dégradée mais a été très vite protégé par les forces de l’ordre.

La police est intervenue avec force, en utilisant la cavalerie, les auto-pompes, et le gaz lacrymogène. Un peu moins de 250 manifestant·e·s ont été arrêté·e·s; le bourgmestre Philippe Close a déclaré que le reste seraient poursuivi·e·s en justice par la Ville de Bruxelles.

Pour finir, plusieurs cas de violence policières ont été constatés. Notamment sur Mounaime, 19 ans, qui se rendait au Hector Chicken. Il s’est fait arrêter avant de se faire tabasser par plusieurs policiers cagoulés dans une camionnette, alors qu’il était inoffensif. Sa famille est allée le chercher à l’hôpital dans la soirée. Ou encore, des journalistes d’ODP News ont été matraqués et frappés par la police alors qu’ils couvraient la manifestation. On leur a aussi intimé d’arrêter de filmer à de multiples reprises. Plusieurs autres vidéos de manifestant·e·s se faisant passer à tabac par la police circulent sur internet