Mawda : 2 ans après

Nous vous partageons un texte que nous avons reçu suite à la commémoration du deuxième anniversaire de la mort de Mawda. Nous vous rappelons d’ailleurs que l’on est ouverts aux contributions, n’hésitez pas à nous envoyer un mail (bxldevie@protonmail.com).

« Cela fait maintenant deux ans que Mawda est décédé de la balle d’un policier.

Cela fait maintenant deux ans que nous avons été confronté·e·s à la violence commise par ce policier.

Cela fait maintenant deux ans qu’une gamine de deux ans est morte par balle parce qu’elle n’avait pas les bons papiers.

Nous avons été pris de stupeur de voir que pour la police, protéger les frontières d’une « menace » extérieure est plus important que la vie d’une enfant.

Rappelons-le, cette « menace » n’est autre que des familles cherchant autre chose que la vie chez elles et eux, devenu invivable.

Un besoin, une nécéssité de changer de lieu, de venir dans ces pays dits libres, ces pays qui se vendent au reste du monde comme des démocraties.

Nous avons décidé d’acceuillir cette famille avec un deuil.

Nous avons décidé de ne jamais donner de suite à cette histoire.

Nous avons laissé des parents face à la mort de leus fille sans rien, sans explications, sans justice ni rien d’autre.

(L’utilisation du « nous » est fallacieuse : ce sont les états et la bureaucratie dirigeante de notre pays qui leurs ont offert ce supplice).

Cela fait maintenant deux ans et notre colère ne s’est pas envolée.

L’année passé c’était le jeune Medhi qui succombait suite à une collision avec une voiture de police, dont les circonstances ne sont toujours pas éclairées.

Cette année c’est Adil qui a été tué.

De nombreux collages d’affiches ont été organisés à travers Bruxelles, cependant, la police utilise beaucoup d’énergie pour invisibiliser ces histoires.

Les affiches sont très rapidement enlevées, ce qui laisse penser que nous n’avons pas le droit de commémorer la mort de ces gens. Que leurs noms doivent disparaître de l’espace public.

Que nous n’avons pas le droit de nous souvenir de ces histoires meurtrières.

Nous sommes résignés à ne pouvoir qu’accepter une présence massive de policiers dans nos villes.

Justice pour Mawda, Medhi, Adil et tou·te·s les autres. »