
Alors que l’agression impérialiste menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran rentre dans son second mois et que la guerre s’est entendue à l’entièreté de l’Asie de l’Ouest, la Belgique a annoncé rejoindre une coalition pour « sécuriser » le détroit d’Ormuz, où 95% du trafic maritime est bloqué par l’Iran depuis le début de la guerre.
20% des exports mondiaux du pétrole passe par le Détroit d’Ormuz, ainsi que d’autres marchandises venant principalement des pays du Golfe.
Ce blocage d’un flux majeur logistique a des répercussions économiques importantes, son objectif est d’exercer un moyen de pression considérable sur les pays occidentaux face à l’agression. En effet, de nombreux pays, notamment les pays européens, dont la Belgique, sont touchés économiquement par ce blocage car ils dépendent en partie des exportations de pétrole depuis ce détroit.
Face à ce blocage, une initiative portée par 6 puissances occidentales alignées sur les États-Unis ; le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon. Elle survient après des pressions répétées de Trump contre ses alliés occidentaux pour qu’ils participent, d’une manière ou d’une autre, à sa guerre illégale aux yeux du droit international.
En façade, la coalition occidentale, « gênée » par un impérialisme américain qui se montre de plus en plus sans « foi ni loi » et sanguinaire, la Belgique explique vouloir intervenir à la suite d’un « cessez-le-feu » et un mandat international « clair ». Cette coalition est une démonstration que l’argent est « le nerf de la guerre », comme l’explique lui-même notre ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés):
« L’objectif [de la coalition], c’est de pouvoir contribuer à fluidifier à nouveau le trafic maritime, et ce, au vu des conséquences dramatiques que cela a, sur le plan, notamment, économique. On le voit avec la flambée des coûts énergétiques. »
Un vote à l’ONU sur « l’usage de la force pour rouvrir le détroit d’Ormuz » devait avoir lieu vendredi 3 avril. Il a été reporté. Les États-Unis et les Etats du Golfe poussent le Conseil de Sécurité de l’ONU pour qu’il autorise une opération armée dans le détroit.
Cela fait désormais plus d’un mois que les États-Unis et Israël mènent une guerre contre l’Iran pour servir leurs intérêts géopolitiques. Plusieurs prétextes ont été déployés par les États-Unis pour justifier cette guerre : l’Iran constituerait une « menace existentielle », ou encore le pays développerait des armes nucléaires (information qui n’est pas corroborée), où, finalement les États-Unis interviendraient pour « sauver » la population iranienne qui s’était massivement révoltée contre le régime autoritaire iranien en les … bombardant.
Tout ces prétextes, qui varient et changent au gré des déclarations de Trump, ne servent en réalité qu’à justifier une intervention militaire qui s’inscrit dans le même cadre que l’enlèvement de Maduro au Venezuela : la poursuite du pillage des ressources naturelles des pays non alignés sur Washinghton et leur intégration forcée au sein du marché économique mondial, dirigé par les États-Unis.
Cette agression impérialiste s’est étendue au Liban, où Israël a bombardé de nombreuses villes et villages et a avancé au sol dans le sud du pays. L’État colonial israélien profite du contexte pour continuer à servir ses intérêts : détruire les acteurs de résistance en solidarité au peuple palestinien affaiblis par les guerres précédentes, continuer la colonisation de la Palestine, la mise à mort de la population de Gaza, l’annexion de la Cisjordanie, l’occupation du Sud du Liban …
De plus, ces derniers jours, les États-Unis brandissent la menace d’envahir au sol le territoire Iranien. Parallèlement, Washington a significativement augmenté ses forces dans la région : 50 000 militaires étatsuniens sont actuellement déployés dans les différentes bases que possède le pays dans la région.
Selon une ONG, au 26 mars, au moins 3 329 personnes ont été tuées en Iran par les États-Unis et Israël. Au Liban, au moins 1 189 personnes ont été tuées et près d’un million de personnes déplacées par les interventions israéliennes.
L’objectif de coalition occidentale, qui réunit au total 32 pays, dont la moitié sont issus de l’UE, serait de réouvrir et d’assurer un corridor pour le trafic maritime au sein du détroit d’Ormuz, en y déployant des forces militaires. La Belgique explique pouvoir participer en déployant des forces militaires de « déminage ». Bien que le gouvernement tente d’opérer une distinction entre l’éventuelle intervention de cette coalition et la guerre impérialiste en cours, la coalition et cette guerre font parti d’un même continuum de domination impérialiste en Asie de l’Ouest, où les États capitalistes occidentaux sont prêts à tout pour maintenir leurs intérêts économiques et politiques, en participant a la mise à mort des populations du Sud.
En rejoignant cette coalition, que la Belgique le veuille ou non, elle rejoint de fait la guerre menée par les États-Unis et Israël.
Sources :
RTBF, https://www.rtbf.be/article/guerre-au-moyen-orient-la-belgique-prete-a-agir-dans-le-detroit-d-ormuz-sous-certaines-conditions-11697731
Le Monde, Live sur la guerre en Iran
Secours Rouge, https://secoursrouge.org/quelques-reflexions-sur-liran/
BBC, https://www.bbc.com/news/articles/c78n6p09pzno
RTBF, https://www.rtbf.be/article/guerre-au-moyen-orient-la-belgique-sollicitee-pour-participer-a-la-securisation-du-detroit-d-ormuz-11697150

