Bruxelles : la pride, entre fête, lutte et récupération

   

Cette année, la Belgian Pride s’est déroulée le 20 mai à Bruxelles. 150 000 personnes ont défilé dans l’après-midi, et les festivités ont continué dans de nombreux endroits de la capitale pendant la soirée. Si les organisateur·trices accueillent cet évènement comme une grande réussite, plusieurs collectifs dénoncent cette « fête vidée de tout sens politique », son côté commercial et la récupération policière et politique de l’évènement. 

Historiquement, la pride a commencé par une émeute à Stonewall en 1969, dans un contexte d’harcèlement policier contre la communauté LGBTQIA+. Depuis, elle est une manifestation pour la communauté, une possibilité de revendiquer une existence propre et des droits égalitaires. Ainsi, des voix se lèvent chaque année contre la venue de la NV-A et du MR, dont certains discours sont ouvertement transphobes et homophobes. La présence d’un bloc policier dans la pride est dénoncée pour les mêmes raisons.

Les organisateur·trices sont donc critiqué·es parce qu’iels laissent la possibilité à des partis politiques et à la police de paraître tolérant·es le temps d’une journée, et, par-là, de récupérer l’évènement. L’USE a lancé un bloc syndical au sein de la Belgian Pride pour y faire exister « des revendications concrètes contre les violences systémiques vécues par la communauté LGBTI mais également par les travailleur·ses »*. Une dizaine de policier·ères en civil ont suivi le bloc durant l’ensemble de la manifestation, démontrant l’opposition de la police à une politisation de la pride.

Dans une autre logique, la « Pride VNR » s’est rassemblée au parc Duden à l’initiative du « front Q ». Plusieurs centaines de personnes ont choisi de se retrouver à l’écart de la Belgian Pride, en mixité choisie Queer*, pour ne pas marcher aux côtés de la police et des partis de droite et d’extrême droite. De nombreuses prises de paroles ont souligné la nécessité d’une Pride inclusive, et ont rendu hommage aux membres de la communauté LGBTQIA+ tué·es et harcelé·es en Belgique ces dernières années*. 

En 2019, la Pride VNR avait tenté de bloquer les chars de partis politiques, notamment celui de la N-VA, au sein de la Belgian Pride. L’initiative avait directement été empêchée par la police, qui avait nassé une bonne partie du bloc VNR. Depuis, la Pride VNR tente de créer un espace en dehors de la Belgian Pride, tout en soutenant les collectifs qui tentent d’y apporter un discours politisant. Dans cet esprit, des tags et des collages d’affiches ont été organisés dans le centre-ville, pour contrer le discours dépolitisant de la Belgian Pride.

Légende : 

    Revendications du bloc syndical : https://www.facebook.com/events/813104657040227

    Mixité choisie Queer : rassemblement comportant uniquement des personnes LGBTQIA+.

    Revendications de la Pride VNR : https://www.facebook.com/events/791403525540041/?ref=newsfeed