
Ce 10 octobre 2025, un homme sans abri d’une quarantaine d’années a été renversé par une voiture. À la suite de cet accident, il s’est rendu dans deux services d’urgences hospitaliers, qui ont successivement refusé de le prendre en charge en raison de sa situation de sans-abri. En dernier recours, l’homme s’est adressé à l’ASBL de réduction des risques dédiée aux usager·ères de drogues en situation de précarité « Dune », qui assure des permanences médicales chaque soir, avant de finalement s’effondrer devant la porte du bâtiment de l’ASBL.
Il a alors été pris en charge par le SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et par les médecins de l’ASBL, alors qu’il souffrait d’une hémorragie interne. Sans cette prise en charge d’urgence, cet homme en situation de sans-abrisme serait très probablement décédé.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’ASBL Dune a rappelé qu’il est fréquent que des personnes sans abri ne soient pas prises en charge par les services hospitaliers. Ce phénomène de non-prise en considération de situations propres aux personnes sans abri pousse les associations qui leur viennent en aide à devoir assurer des soins d’urgence vitale. Ces soins sont pourtant censés être pris en charge par notre système de santé publique.
Un médecin de l’association déclarait :« Visiblement, tout le monde n’est pas égal face aux soins médicaux. Le problème est que ces personnes se présentent mal, ne sont pas toujours cohérentes dans leurs propos et sont stigmatisées. Leur cas n’est pas pris au sérieux. Nous nous retrouvons à devoir gérer des cas d’urgence vitale alors que ce n’est pas notre vocation première. »
À cette absence de prise en compte des réalités vécues par les personnes sans abri s’ajoute le mépris croissant manifesté par l’État à l’encontre de ces populations marginalisées et précarisées. En effet, le gouvernement fédéral a récemment annoncé la suppression des subsides alloués au plan Grand Froid. De plus, l’ensemble des coupes budgétaires récentes dans les secteurs sociaux a fortement fragilisé le secteur associatif et civil venant en aide aux personnes sans abri.
Face à l’explosion du nombre de personnes concernées et au mépris grandissant de leur situation, les associations qui luttent au quotidien à leurs côtés se retrouvent chaque jour un peu plus submergées.
Sources :
-DH les sports : une personne sans-abri refusée par deux services d’urgence frôle la mort
-Fédération drogues addiction bxl : une personne sans-abri refusée par deux service d’urgence
– Bruxellesdevie : le gouvernement fédéral ne financera plus le plan grand froid
