
Le mardi soir 15 juillet, une voiture de police a volontairement renversé un jeune conduisant une moto à Vilvorde, manquant de le tuer et/ou de le blesser gravement. Des images filmées par un automobiliste montrent que la voiture de police a volontairement renversé le jeune de 24 ans, il souffre désormais d’une fracture à la jambe et a déposé plainte pour tentative d’homicide.
Cette nouvelle violence policière est survenue alors qu’entre mai et fin juin 2025, 6 personnes, dont Fabian 11 ans, Jidel 9 ans, un jeune de 19 ans (dont nous ne connaissons pas le nom), Christophe Amine Chollet papa, ainsi que deux autres personnes, dont un policier, ont été tuées dans le cadre d’une intervention policière avec un véhicule.
En réaction à cette violente intervention, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17, plusieurs dizaines de jeunes de Vilvorde et de Bruxelles se sont attaqués en représailles à la police locale. Des véhicules de police ont été endommagés aux alentours de la gare de Vilvorde. Des embuscades auraient été tendues à l’encontre des forces de l’ordre.
Interrogés par HLN, des jeunes qui seraient impliqués dans la révolte ont expliqué
« C’est vrai, nous avons piégé la police. On était en colère. Notre ami a été délibérément percuté et laissé à son sort [par la police].«
« Des policiers ont été pris pour cibles, encerclés et visés par des pavés, et les assaillants ont ensuite joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre.« , déclaration du Parquet, dans 7sur7. Des abribus et la vitrine d’une banque ont également été endommagés.Les émeutes ont duré jusqu’à 3h du matin.
À l’issue des affrontements, 9 personnes ont été interpellées, dont 4 mineurs. 4 policiers ont été légèrement blessés.
Le lendemain de la nuit de révolte, le motard renversé par la police 2 jours auparavant a de nouveau été arrêté et sa détention provisoire – pour des faits qui nous sont inconnus – a été prolongée d’un mois. Un mineur arrêté a été incarcéré en centre fermé, les 3 autres ont été renvoyés devant le juge de la jeunesse. 4 personnes adultes arrêtées durant la révolte ont été placées en détention provisoire par un juge d’instruction.2 d’entre elles auraient été relâchées entre temps sous condition.
Comme souvent, les réactions des politiques vis-à-vis de ces évènements ont été des appels à plus de fermeté de la police et de la justice envers les jeunes qui se sont révoltés contre une violence de l’Etat. Si d’un côté nous n’avons aucune nouvelle de suite judiciaire après l’intervention de police dangereuse contre le jeune motard, de l’autre côté, la justice s’en presse de durement réprimé les jeunes. Envoyés pour certains en centre fermé et en prison.
Le bourgmestre de Vilvorde, dans la presse, condamne fermement les agissements des jeunes en réaction à une violence policière, il ne dit rien sur la violence policière qu’a subi le jeune motard, rien sur l’intervention de police d’un de ses agents, qui auraient pu mener à la mort d’un jeune de 24 ans.
Après qu’Adil a été tué par la police et que des révoltes aient eu lieu à Anderlecht, 7 personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 37 mois de prison. Après qu’Ibrahima a été tué par des agents de police, 5 personnes ont été condamnées à des peines allant jusqu’à 30 mois de prison, d’autres à des travaux forcés. En face de ça, les agents de l’État qui tuent sont blanchis et protégés. Par les politiques « qui défendent leurs policiers« , par l’institution policière « qui protège les collègues » et puis par celle judiciaire qui donne des blancs-seings aux meurtres policiers.

C’est une avec une récurrence déconcertante que l’État belge met le même dispositif en place après des violences policières : 1) protéger les agents de police et l’institution « rien n’a été fait de mal« , 2) criminaliser et rendre coupable la victime de sa propre mort ou de la violence qu’elle a subie au travers des médias « Fabian n’avait pas à rouler en trottinette« , « Ce jeune est connu de la police, il n’avait qu’à s’arrêter quand la police lui a demandé« , 3) et si jamais il y a des réactions face à ces violences les condamner judiciairement avec la plus grande fermeté. Finalement 4), la machine étatique enfonce et épuise les proches des victimes de violence de l’État : pressions administratives, intimidations policières, procédures judiciaires humiliantes, couteuses, longues et vaines.
C’est un deux poids, deux mesures, insupportable.D’autant plus à celles et ceux qui n’oublient pas, que d’un côté se tient la violence d’un État, d’un autre, celle de sa population marginalisée, qui dit « Nous n’acceptons plus d’être traités ainsi« .

Sources:
https://www.bruxellestoday.be/faits-divers/justice/violences-vilvorde-incarcerations-jeunes.html
https://www.bruxellestoday.be/actualite/agression-policiers-vilvorde-mineurs-bruxellois.html
https://www.bruxellestoday.be/faits-divers/justice/policier-percute-fabian-libere-conditions.html
https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/07/19/rellen-vilvoorde-station-jongeren/ https://