Un agresseur à LaSemo : le festival refuse de déprogrammer Ibrahim Maalouf

   

Le festival « LaSemo » a Enghien, qui affirme être un festival engagé, a programmé le trompettiste Ibrahim Maalouf pour cet été 2024. Ce dernier est pourtant accusé d’agression sexuelle sur mineure. A ce sujet, un groupe de personnes s’est mobilisé et a écrit une carte blanche pour expliquer la situation et demander la déprogrammation de Maalouf. En 2016, I. Maalouf a été accusé d’agression sexuelle sur une adolescente de 14 ans qui était alors stagiaire sous sa responsabilité. Il reconnaît un baiser, et lui avoir envoyé des SMS inappropriés dans lesquels il évoque des nudes. Elle l’accuse de deux baisers non-consentis, d’attouchements et de demandes répétées de photographies intimes.

Comme le rappelle la carte blanche, Maalouf a été « condamné en première instance en 2018 pour “agression sexuelle” suite au baiser qu’il a reconnu ». Pourtant, en 2020, il a gagné son procès en appel. La Cour n’a en effet pas pu établir qu’il avait forcé ce baiser. Rappelons qu’elle avait 14 ans et lui 33 au moment des faits. Jugé puis relaxé pour “agression sexuelle”, Ibrahim Maalouf n’a pas été inquiété pour corruption de mineure.  Depuis, il explique que la justice l’a totalement blanchi et il prétend que la victime ment.

Comme le précise la carte blanche, en réponse à la mobilisation,  LaSemo a publié ce 13 mars une défense sur les réseaux sociaux, « expliquant “après mûres réflexions” avoir pris la décision “pas prise à la légère” de… confirmer la présence d’Ibrahim Maalouf à LaSemo 2024. Pourquoi? par “respect des valeurs démocratiques, parmi lesquelles la Justice”. Interpelé sur les valeurs qu’il porte et le message qu’il renvoie aux milliers de familles et jeunes qui viendront au festival, LaSemo se cache derrière un jugement qui… si on le lit, dénonce le caractère problématique du comportement de l’artiste ».

Pour les auteur·trices de la carte blanche : « programmer I. Maalouf quand celui-ci n’a montré aucun signe de prise de conscience du caractère problématique de son attitude passée, c’est envoyer un message troublant sur la promotion du respect des limites et du consentement.  LaSemo est à un tournant s’il veut continuer à se targuer d’être un festival progressiste, familial et durable. Ces faits sont  symptomatiques d’une problématique structurelle : 47% des Belges ont déjà été victimes de violences sexuelles, 48% des victimes avaient moins de 19 ans la première fois, et la proportion est double chez les femmes par rapport aux hommes. En refusant la venue d’I. Maalouf, nous refusons d’entretenir ce fait de société ». La carte blanche appelle à boycotter LaSemo si le festival maintient la programmation d’Ibrahim Maalouf.

Retrouvez la carte blanche publiée dans Le Vif.