Le lundi 25 mars, le collège communal de la Ville de Bruxelles a adopté une motion pour interdire les achats via la procédure de marché public de produits issus des colonies israéliennes, mais seulement en Cisjordanie occupée. Une décision qui a été critiquée et commentée en Belgique ainsi qu’en Palestine.

Le principe de la motion revient à interdire uniquement les achats de la Ville de Bruxelles qui bénéficieraient à des sociétés travaillant dans des conditions « ne respectant pas le droit international, les droits humains, le droit environnemental, social et du travail ». Cette motion a été adoptée par tous les partis, avec l’abstention de la N-VA et du MR.

Cette motion veut empêcher l’achat de produits sur base du droit international. Or, ce même droit international reconnaît et prône « la solution » à deux Etats en Palestine, et ne considère donc pas qu’Israël colonise l’entièreté de la Palestine historique (dite de 1948), vu qu’il reconnaît la légitimité d’Israël sur la majeure partie des terres palestiniennes. L’interdiction d’achats publics de produits issus de l’occupation israélienne en Palestine ne concerne donc que les produits issus des colonies en Cisjordanie occupée*.

Dans la capitale bruxelloise, le collectif décolonial et antiraciste Bruxelles Panthères a critiqué cette décision en dénonçant son inutilité ainsi que son caractère électoraliste à quelques mois des élections : « La résolution 2334 du conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016 interdit déjà le commerce et les échanges avec les colonies sionistes. Cette motion, qui n’aura aucun effet concret et contrôlable par les citoyens, n’est qu’un discours électoraliste et un aveu d’infraction au droit international qui dure depuis au moins 2016. »

« Il y a des élections européennes, régionales et fédérales le 9 juin et nous sommes beaucoup de Musulmans à voter, surtout à Bruxelles. Cette motion ne sert qu’à ça, nous manipuler. Nous et tous ceux qui soutiennent le peuple palestinien. Ne soyons pas dupes et ne donnons pas nos voix à des partis qui, en pratique, soutiennent l’entité sioniste et le génocide qu’elle est en train de commettre à Gaza », a expliqué Bruxelles Panthères.

En Palestine, Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) « a salué la décision de Bruxelles de boycotter les produits de l’occupation fabriqués dans les colonies, suite à l’adoption à l’unanimité d’une proposition du conseil de la capitale à ce sujet, estimant qu’il s’agit d’un pas positif mais pas suffisant. Tous les pays sont tenus de boycotter pleinement l’occupation, et pas seulement les colonies. »

« Le Front considère cette décision comme le fruit de la fermeté de nos peuples et de nos combattants, et comme le résultat de la pression populaire massive des partisans de la Palestine et de la communauté palestinienne et arabe en Belgique, ainsi que des campagnes de boycott croissantes menées par les partisans de la cause palestinienne et les forces progressistes européennes. »

« Le Front a conclu sa déclaration en appelant tous les pays, en particulier ceux de l’Ouest, à adopter des décisions claires pour boycotter complètement l’occupation, et pas seulement limiter le boycott aux colonies sionistes, et à adopter davantage de mesures visant à soutenir la cause palestinienne et à faire pression pour arrêter l’agression et poursuivre les dirigeants de l’occupation devant les tribunaux internationaux, et à confronter les positions partiales de l’Union Européenne à l’égard de l’entité sioniste. »1

Légende : 

*Cela pourrait également concerné des produits issus du plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967.

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Source :

https://www.lesoir.be/576901/article/2024-03-26/guerre-israel-hamas-la-ville-de-bruxelles-adopte-une-motion-pour-empecher-lachat

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