Bruxelles pour la résistance en Palestine

   

Depuis le début de la guerre en Palestine le 7 octobre, des actions de solidarité se sont multipliées à Bruxelles en soutien à la Palestine. Blocages, actions directes contre des symboles coloniaux, campagnes de tags et graffitis, boycotts, disruption dans les meetings européens, … C’est un large mouvement spontané, populaire et offensif qui semble se construire dans la capitale.

Le 13 novembre et le 4 décembre, des militant·es ont tagué un site appartenant à OIP, une entreprise d’armement historiquement belge rachetée en 2003 par Elbit, entreprise israélienne d’armement. Elle fournit majoritairement l’armée sioniste, et donc ses crimes de guerre.Dans le monde existe un large mouvement nommé , »Shut Elbit Down ». Son objectif est d’avoir un impact sur la production d’armement du régime colonial en faisant fermer les usines, en les faisant quitter les territoires nationaux, et en sabotant des futurs accords et contrats militaires.

Le 15 novembre, jour de « la fête du roi », la statue de Leopold II à Trône a été maculée de peinture rouge. Le 15 novembre, c’est aussi et surtout le jour où Leopold II a fait du Congo une colonie belge en 1908, alors qu’il était jusque là « propriétaire » unique du Congo. Un tag appelant à la libération des peuples du colonialisme, de la Palestine au Congo y a été inscrit. Quelques jours plus tard dans plusieurs villes, une nouvelle série d’actions a été menée contre les monuments dédiés au roi belge Leopold II.

Rapidement après le 7 octobre, des centaines de tags ont fleuri à Bruxelles, des banderoles sur les toits des maisons, de longs graffitis sur les trains de la SNCB pour dénoncer la complicité de l’Europe avec la campagne génocidaire israélienne. Des rassemblements spontanés ont également pris place quotidiennement, d’abord à la Bourse, puis à la Gare Centrale, où les réfugié·es palestinien·es sont au cœur de la mobilisation.

Le 20 novembre, à la Gare Centrale, une première action de boycott a été organisée contre Carrefour alors que l’entreprise collabore avec le régime colonial israélien. Carrefour a par ailleurs annoncé au début de la guerre, comme McDonald, qu’il fournirait des vivres gratuits aux soldats de la Tsahal (armée israélienne). Le 23 novembre, des groupes et des militant·es ont perturbé une conférence de la présidence du Conseil de l’UE. Les militant·es ont appelé à des sanctions contre l’Etat colonial, la fin de la complicité de l’UE, un embargo sur Israël, la fin du siège de Gaza, …

Depuis quelques jours, des appels à des « Nuits de Résistance » en soutien à la Palestine émergent. Différentes affiches ont appelé à une première « nuit de résistance » le 30 novembre, « Bloquez, barricadez, boycottez, occupez ou faites simplement beaucoup de bruit…  En solidarité avec la lutte palestinienne, nous montrons à Bruxelles qu’il n’y a pas de paix sans justice et que les voix de la résistance ne peuvent plus être ignorées ». Des tags « Jesus was born in Palestine » ont également été aperçus à la Grand Place, où un hôtel symbolisant la scène de la naissance de Jésus est annuellement installé lors des fêtes de fin d’année. 

Le 26 novembre, une action directe a été menée à la Gare du Midi par le collectif Samidoun. Un grand drapeau palestinien a été hissé sur le toit de la Gare du Midi, ainsi qu’un autre sur lequel il est écrit « Viva Intifada ». Enfin, le 30 décembre, une manifestation sauvage s’est déroulée le soir en face des institutions européennes.  Elle visait à dénoncer la complicité de l’UE avec l’entreprise génocidaire israélienne, ainsi qu’à appeler à un boycott total de l’Etat colonial et un embargo militaire. Dans le communiqué de la manifestation il est déclaré « Nous le disons haut et fort, nous soutenons le peuple palestinien et sa résistance jusqu’à la libération et le droit au retour*. »

Légende : *Le droit au retour constitue une des principales revendications du peuple palestinien dans le cadre de sa libération du colonialisme occidental. En 1948, lors de la Nakba, la Catastrophe, plus de 750 000 palestinien·nes ont été expulsées de leurs terres dans le cadre d’un nettoyage ethnique organisé par les milices armées sionistes présentes en Palestine. 75 ans plus tard, les millions de descendant·es des 750 000 palestinien·nes exilé·es sont réfugié·es et se battent pour gagner le droit de retourner sur leurs terres.

Sources : 

Compte instagram Brusselsagainstgenocide

Compte instagram  Head-Quarter soft movement

Communiqué des « Nuits de résistance »

https://www.liberation.fr/checknews/conflit-israelo-palestinien-pourquoi-le-groupe-francais-carrefour-est-il-vise-par-des-appels-au-boycott-20231030_FPNGFO5DEBGUZB7IJDCBTNVIRU/