Le PS expulse illégalement une occupation de sans papiers à la veille de l’hiver

   

Ce lundi 30 octobre, l’occupation d’un bâtiment avenue Emile De Mot, proche de l’avenue Louise, a été expulsée de façon illégale. L’ancienne ambassade d’ex-Yougoslavie, vide depuis des années, était occupée par 90 personnes sans-papiers depuis le mercredi 11 octobre. À la veille de l’hiver, cette occupation constituait un lieu d’hébergement pour des familles de personnes sans-papiers qui ne bénéficient d’aucune aide, alors même qu’iels se trouvent dans une situation d’importante précarité. 

Au lendemain de l’ouverture de cette occupation, les autorités croates (responsables de cette ancienne ambassade) ont immédiatement signifié leur souhait de les expulser du bâtiment, pourtant vide. Lorsqu’un bâtiment vide est occupé, pour que l’expulsion soit effectuée légalement, l’ordre d’expulsion doit impérativement passer devant le juge de paix (ou éventuellement par un juge d’instruction via le procureur du roi), ce qui n’a pas été le cas ici. 

En effet, Phillipe Close (PS), bourgmestre et responsable de la ville de Bruxelles a profité que cette ancienne ambassade appartienne à la Croatie pour ne pas lancer de procédure judiciaire, pourtant en vigueur dans le cadre de n’importe quelle expulsion de bâtiment vide à Bruxelles

Si une démarche d’expulsion n’aurait pas donné victoire aux occupant·es, elle leur aurait donné la possibilité de se projeter sur le court terme, et d’anticiper une expulsion dans un cadre plus sécurisant que celui de l’expulsion illégale. En ordonnant aux forces de l’ordre d’expulser cette occupation sans passer devant la justice sous prétexte qu’elle n’appartiendrait pas à la Belgique, Philipe Close (PS) restreint encore le droit au logement des personnes sans-papiers. 

L’évacuation du bâtiment a donc été faite dans la précipitation afin que les occupant·es (dont des familles) ne soient pas confronté·es aux violences directes qu’entraîne une expulsion policière. Celleux-ci font désormais face à d’autres violences, amplifiées par l’approche de l’hiver : la difficulté de trouver un toit, l’insalubrité et la précarité des occupations, le manque de revenus, …

La question de l’accueil des personnes exilées concerne l’ensemble de la population. L’hiver approche et  des millions de mètres carrés de bureaux et de logements sont toujours vides à Bruxelles. Pendant ce temps, l’Etat continue d’expulser illégalement des occupations destinées aux personnes sans-papiers, sans jamais investir massivement dans les structures d’accueil et de prise en charge, pourtant largement défaillantes à ce jour. De telles démarches montrent à quel point nos politiques nient une « crise » dont ils sont les premiers responsables. 

Aujourd’hui, à Bruxelles, un peu moins de 10% de la population ne possède pas de papiers. Alors qu’elles contribuent activement à l’économie bruxelloise en travaillant fréquemment dans des secteurs précaires, ces 75 000 personnes restent privées de toute forme de droit du travail. Elles ont aussi un accès restreint au logement et aux soins de santé, entre autres

Pour faire face à cette situation, des collectifs se mobilisent pour ouvrir des bâtiments vides afin de loger des personnes sans-papiers en recherche de logement. Ces occupations, ouvertes illégalement, sont la seule solution tant que l’Etat belge ne se positionne pas sur la question de l’amélioration des structures d’accueil. Pourtant, la justice ne tarde jamais à expulser les occupations destinées aux personnes sans-papiers. 

La seule façon de régler cette « crise de l’accueil » passera par une régularisation des personnes sans-papiers. En signe de départ de cette occupation, une action symbolique a été organisée le dimanche 29 octobre au soir devant l’ex-ambassade. Un drapeau sur lequel était inscrit « Régularisation » a été hissé pendant que différents collectifs de sans-papiers ont fait des prises de parole publique.

Sources :

Témoignages de sans-papiers et de leurs soutiens

https://www.droitsquotidiens.be/fr/question/quest-ce-que-je-risque-si-joccupe-une-maison-sans-autorisation-squat-en-wallonie