
3 000 nouvelles caméras accessibles en temps réel pour la police : c’est ce qu’a annoncé Bernard Quintin (MR), ministre de l’Intérieur, mercredi dernier. En effet, depuis plusieurs mois, les zones de police locale et la police fédérale ont accès aux caméras de la SNCB et peuvent visionner en direct les images des gares et de leurs abords. Les forces de l’ordre vont désormais avoir accès au réseau STIB ainsi qu’à Infrabel. Les sources parlent de 3 000 nouvelles caméras dans le courant de l’année 2026 ; le réseau STIB est pourtant fourni de plus de 18 000 caméras, qui pourraient donc suivre.
Cette situation souligne d’une part l’étendue des dispositifs de surveillance déjà en place à Bruxelles et en Wallonie, et, d’autre part, la volonté du gouvernement d’approfondir cette surveillance et d’augmenter le nombre d’outils à disposition des forces de l’ordre.
La police pouvait jusqu’ici consulter les images de la SNCB sur demande, lorsqu’une situation le justifiait. En 2026, place au direct, et à la possibilité pour les forces de l’ordre de scruter une partie de la ville et de ses recoins en permanence. Cette collaboration renforcée entre la police et la STIB s’inscrit dans une coopération déjà existante, notamment lors des contrôles dans les transports en commun et les gares, qui se transforment parfois en véritables rafles et opérations ciblant les personnes sans papiers.
L’an dernier, nous revenions sur l’enquête de Technopolice, du Soir et de la Ligue des Droits Humains au sujet de la vidéosurveillance en Belgique. Cette enquête relevait l’étendue de la vidéosurveillance : en 2016 en Wallonie, seules 20% des communes en étaient équipées, aujourd’hui près de 80% le sont. À Bruxelles, les 19 communes sont dotées de systèmes de caméras de surveillance. Les quartiers populaires des grandes villes sont par ailleurs largement plus surveillés que les autres.
En parallèle, l’enquête soulevait également l’inefficacité des caméras, décrite dans de nombreuses recherches scientifiques : « Il y a une croyance dans l’efficacité de ces systèmes qui consiste à ne jamais les remettre en cause », étaye Vincent Francis, professeur à l’UCLouvain et chercheur. « C’est une course en avant sans fin. Le nombre de cas où les caméras servent à résoudre une affaire judiciaire est très faible par rapport au coût de l’investissement. C’est donc surtout une affaire de communication. », conclut Nicolas Bocquet.
Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur le sujet dans la légende !
Sources :
« La police pourra surveiller en direct les caméras de la STIB et d’Infrabel » [Bruxelles Today], https://www.bruxellestoday.be/actualite/police-surveille-cameras-stib-infrabel.html
« Surveillance, une enquête révèle l’étendue des dispositifs de surveillance à Bruxelles et en Wallonie », [Bruxelles dévie], https://bruxellesdevie.com/2025/11/30/surveillance-une-enquete-revele-letendue-des-dispositifs-de-surveillance-a-bruxelles-et-en-wallonie/
« La police pourra voir en temps réel les caméras de surveillance de la STIB et d’Infrabel », [BX1], https://bx1.be/categories/news/la-police-pourra-voir-en-temps-reel-les-cameras-de-surveillance-de-la-stib-et-dinfrabel/
