Un rassemblement organisé devant l’ambassade grecque à Bruxelles

Arrêté ce samedi 7 février 2026 à Heraklion, en Grèce, le militant palestinien Mohammed Khatib, coordinateur du réseau Samidoun, est aujourd’hui menacé de déportation vers la Belgique. Placé en détention administrative depuis plusieurs jours, malgré des documents de voyage valides, il est détenu dans des conditions inhumaines, privé de soins, d’accès à ses médicaments et de contact avec l’extérieur.
Le 10 février, les autorités grecques ont rendu une décision qui ordonne le maintien en détention de Mohammed Khatib jusqu’à sa « procédure d’éloignement » du territoire grec. En principe le délai d’expulsion doit être immédiat, mais aucun délai strict n’est fixé et la loi grecque prévoit que la détention ne peut dépasser un an, selon son avocat. Les autorités grecques refusent la possibilité d’un « départ volontaire« , qui implique sa libération, et impose une interdiction de territoire à Mohammed Khatib jusqu’en 2033, toujours selon son avocat.
« Le gouvernement grec, comme celui belge, utilise le statut de réfugié de Mohammed dans l’objectif de silencier son soutien à la résistance palestinienne et à la libération de la Palestine de la rivière à la mer. » – Communiqué d’organisations bruxelloises appelant à la libération immédiate de Mohammed
Des rassemblements ont été organisés en Grèce à Heraklion. Un rassemblement est organisé à Bruxelles, devant l’ambassade grecque, 10 Rue des Petits Carmes, mercredi 11 février à 16h30.
Le 7 février, Mohammed Khatib se rendait à Heraklion afin de prendre la parole à un événement de solidarité avec la Palestine, visant à mettre en lumière la lutte des prisonnier·es détenu·es dans les prisons de l’occupation ainsi que les voix des prisonnier·es libéré·es par la résistance. Il a été arrêté à l’aéroport pour des motifs de « sécurité nationale » et il ferait l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire grec.
Dans un communiqué, le mouvement de solidarité avec la Palestine à Heraklion décrit les conditions de détention de Mohammed Khatib :
« Les avocats et le mouvement de solidarité dénoncent les conditions horribles de la détention de Mohammed Khatib, la privation de ses droits fondamentaux, le vol de l’argent qui lui avait été donné pour couvrir ses besoins essentiels, ainsi que la privation de son accès aux médicaments. De plus, le blocage par les gardiens de prison des avocats et des soutiens dans leurs tentatives de communiquer avec le camarade — accompagné de menaces et d’insultes —, le retard dans l’exercice de ses moyens de défense, et le retard délibéré dans l’émission des décisions nécessaires qui mèneraient à sa libération. » Cretans for Palestine
« Pendant sa détention, Mohammed Khatib a commencé à développer de graves problèmes de peau et une infection, avec des irritations douloureuses et accrues ainsi que des éruptions cutanées sur son corps. Tout cela dans une cellule qui ne peut être décrite que comme un foyer d’insectes infectieux. Dans cette situation, ils ne lui ont pas permis de passer un appel téléphonique et ne lui ont JAMAIS donné les médicaments que les avocats et les camarades lui avaient apportés. » Cretans for Palestine
« Sous la pression et à la suite de procédures officielles écrites et orales, ses avocats ont pu demander son examen immédiat par un médecin, qui a confirmé la nécessité de soins médicaux immédiats et étendus. Le directeur de la police de l’Autorité générale de la police d’Héraklion, Manolis Chrysos, qui semble avoir signé la décision de détenir notre camarade en imposant les moyens les plus injustifiables, porte l’entière responsabilité de ce qui arrive à notre camarade Mohammed Khatib. » Cretans for Palestine
Le cas de Mohammed met en lumière notamment les conditions de détention, de déportation et d’arrestations arbitraires dont sont victimes de nombreux réfugiés en Grèce, notamment les Palestiniens.
La Belgique collabore activement à ce système répressif : elle renvoie régulièrement des réfugiés vers la Grèce au motif qu’il s’agirait de leur « premier pays d’arrivée » dans l’Union européenne (règle de Dublin), prétendant qu’ils n’y subiraient pas de conditions de vie inhumaines. Cette affirmation est mensongère, comme le démontrent la situation de Mohammed Khatib et celle de nombreux autres réfugiés qui font face à des détentions arbitraires, des expulsions injustifiées et des violations systématiques de leurs droits fondamentaux en Grèce.
La détention de Mohammed Khatib constitue une claire attaque de l’Etat grec, suivant les intérêts impérialistes occidentaux dans la défense du projet colonial sioniste, à la fois contre la diaspora palestinienne, qui exerce ses droits politiques et contre le mouvement de solidarité avec la Palestine en Europe. Son arrestation, sa détention et son éventuelle déportation, ne se basent sur aucune condamnation ni même de procédé légal, si ce n’est la criminalisation du soutien à la résistance palestinienne et à la libération de la Palestine du colonialisme occidental.
Pour rappel, en Belgique, Mohammed Khatib est l’objet d’une procédure pour lui retirer son statut de réfugié politique depuis 2023, parce que Samidoun soutient la libération de la Palestine. Samidoun est dans la cible du gouvernement Arizona, qui développe un projet de loi autoritaire dont l’objectif principal est de permettre la dissolution de l’organisation. Parallèlement, des demandeurs d’asile palestiniens, sont arrêtés, placés et détenus en centres fermés en Belgique parce qu’ils manifestent leur soutien à leur peuple, qui depuis plus de 2 ans, subit un génocide.
Dans un communiqué Samidoun Brussels décrit la nature et le contexte de cette répression contre le mouvement propalestinien en Belgique et en Europe : « Cette situation s’inscrit dans une campagne de harcèlement administratif menée contre Mohammed Khatib en Belgique et dans toute l’Europe afin de restreindre ses déplacements et de limiter son activité politique. Cela n’a rien de surprenant, car Israël s’efforce sans relâche de défendre ses intérêts auprès des gouvernements euro-américains. En 2023, Nicole de Moor, alors secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations, a entamé une procédure de révocation du statut de réfugié de M. Khatib suite aux pressions exercées par l’ambassade d’Israël à Bruxelles. […] » Samidoun Brussels
« La détention de Mohammed Khatib s’inscrit dans une tendance où les gouvernements européens instrumentalisent le droit d’asile des Palestiniens pour les réduire au silence, les intimider et, dans le pire des cas, les détenir et les expulser s’ils continuent de défendre la cause palestinienne. Rien qu’en Belgique, une dizaine de réfugiés palestiniens ont été arrêtés, détenus et, dans de nombreux cas, expulsés, non pas pour un crime qu’ils auraient commis, mais pour leur mobilisation continue en faveur de la Palestine, de sa résistance et contre le soutien constant des autorités belges à Israël. À ce jour, deux d’entre eux – Fathi Alhams [Fathi a été libéré le 10 février 2026] et Ali Abu Taha – sont toujours détenus, tandis qu’un autre, Mahmoud Faraj Allah, est décédé au centre de détention 127bis à Steenokkerzeel. » Samidoun Brussels
« Cela démontre que la Belgique ne se contente pas d’apporter un soutien politique, moral et militaire à la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza et à la colonisation de la Palestine, mais qu’elle restreint, harcèle et maltraite également les réfugiés palestiniens à leur arrivée en Belgique. Loin d’être un hasard, ce harcèlement vise à faire taire leurs récits de mort et de destruction, à réprimer leur droit à la liberté d’expression politique et à entraver leur mobilisation continue contre la complicité belge dans les violences génocidaires. » Samidoun Brussels
Un rassemblement est organisé mercredi à Bruxelles, devant l’ambassade grecque, 10 Rue des Petits Carmes, à 16h30.
Sources :
Communiqué de Samidoun
Cretans for Palestine, https://www.instagram.com/p/DUipFtljYiP/
