Bruxelles : Le dernier hôtel d’accueil d’urgence pour demandeur·ses d’asile a été fermé alors que 1 650 personnes attendent d’être pris en charge

   

De son côté, la ministre de l’Asile et de la Migration se félicite d’une baisse des demandes d’asile et affirme « il reste encore du travail »

Mercredi 14 janvier, le dernier hôtel d’accueil pour demandeur·ses d’asile a officiellement fermé ses portes à Bruxelles. Cette nouvelle fermeture d’un centre d’hébergement d’urgence a poussé des centaines de personnes à la rue. Selon la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), qui s’était engagée à fermer les cinq hôtels d’urgence qui logeaient des centaines de demandeur·ses d’asile, ces fermetures ont été possibles « grâce à une nette baisse des demandes d’asile ».

Pourtant, actuellement, 1 650 personnes sont dans l’attente de la prise en charge de leur demande d’asile et restent donc sans solution de prise en charge. La Belgique a pourtant l’obligation formelle d’accueillir les personnes qui introduisent une demande de protection internationale.

La promesse d’une « politique migratoire la plus stricte jamais menée en Belgique », faite par Anneleen Van Bossuyt (N-VA) au début de son mandat il y a un an, semble bel et bien se confirmer.

En outrepassant l’obligation d’accueillir des personnes en demande d’asile dans notre pays, tout en fermant des centres d’accueil d’urgence comme ces hôtels sous le motif d’une prétendue diminution des demandes, notre gouvernement ne fait que nier davantage la réalité vécue par ces personnes dans notre pays et de rendre structurellement toujours plus difficile l’accès à l’asile.

Cette instrumentalisation des chiffres des demandes d’asile sert un agenda politique d’extrême droite. S’il est vrai qu’une diminution de 13 % des demandes d’asile a eu lieu sur l’année 2025 par rapport à 2024, c’est entre autres dû aux politiques d’extrême droite mises en place par le gouvernement Arizona, mais également aux fluctuations géopolitiques internationales.

En effet, ces politiques de non-accueil ont pris la forme de campagnes de dissuasion sur internet, de suppression de places d’accueil ou encore du durcissement des conditions de regroupement familial*. Depuis l’été 2025, les demandeur·ses d’asile qui ont obtenu une protection dans un autre pays d’Europe ne peuvent plus bénéficier de place dans les centres d’accueil belges.

Il apparaît dès lors nécessaire d’analyser cette situation avec un regard critique : cette prétendue diminution des demandes d’asile ne peut pas justifier la fermeture de nouvelles places d’accueil d’urgence, dans la mesure où ces deux phénomènes sont le résultat direct de politiques d’extrême droite. L’Arizona essaye de rendre impossible l’accueil des demandes d’asile en Belgique, en niant le droit d’asile et le devoir d’accueil de l’Etat belge.


Cette situation démontre le mépris de l’État belge à l’égard des demandeur·ses d’asile présent·es sur son territoire et la facilité qu’ont nos pouvoirs publics pour outrepasser les lois en vigueur.

En retirant consécutivement les aides allouées aux personnes en demande d’asile, l’Etat belge rend impossible l’accès aux droits fondamentaux et nie le droit d’asile au travers de ses politiques antimigratoires et nationalistes. Ces politiques ont pour effet de plonger davantage les demandeur.ses d’asile dans une situation de précarité, en leur enlevant un logement, détériorant leur santé physique et mentale, mais aussi leur retirant l’accès à des droits en Belgique et donc à des perspectives de vie.

Lexique:

Regroupement familial: est une procédure qui permet à une personne étrangère résidant légalement dans un pays de faire venir certains membres de sa famille proche (conjoint·e, enfants, parfois parents) afin de vivre ensemble de manière légale.

Sources :

-« Fermeture du dernier hôtel de demandeurs d’asile : 1650 personnes toujours sur la liste d’attente de Fedasil », RTBF actu

-« Baisse des demandes d’asile en Belgique : résultat de la politique de l’Arizona comme le prétend la ministre Van Bossuyt ? », RTBF actu