Violences policières : un enfant de 13 ans victime de violences policières racistes le soir du Nouvel An

   

Le 31 décembre 2025, vers 21h30, un adolescent de 13 ans allume des pétards avec deux ami·es dans le parc de Forest, près de l’arrêt de tram Rochefort, à quelques centaines de mètres seulement de son domicile familial. Un soir de réveillon comme tant d’autres, des gamins qui s’amusent avec des feux d’artifice, une scène banale qui se répète chaque année dans tous les quartiers de la capitale. Quand la police débarque, ses deux ami·es parviennent à s’enfuir mais lui se fait attraper, et ce qui aurait dû être un simple rappel à l’ordre va se transformer en un véritable cauchemar qui durera près d’une heure.

« Ils l’ont poussé au sol sur le ventre et l’ont maintenu en plaçant un genou sur son dos« 

Le jeune garçon a 13 ans, il ne représente visiblement aucune menace physique et son seul tort est d’avoir allumé quelques pétards dans un parc public un soir de fête.

« Ils l’ont questionné en français alors qu’il était clair qu’il avait du mal et qu’il leur a dit qu’il était néerlandophone. Ils ont refusé de lui parler en néerlandais« , alors que Bruxelles est officiellement bilingue et que la police est censée pouvoir s’adresser aux citoyens dans la langue de leur choix.

Puis viennent les remarques racistes sur son prénom arabe.

« Ils ont fait des commentaires racistes sur son prénom et celui de son ami, tous deux des prénoms arabes. Ils ont dit que les Arabes causaient toujours des problèmes à la police.« 

« Ils lui ont ensuite demandé d’où il venait à cause de son prénom, et il a dit qu’il était libanais. Ils ont commencé à rire et ont dit qu’ils avaient un collègue libanais, et ils ont continué à l’appeler par le nom de leur collègue pendant tout le reste du contrôle« , poursuit le témoignage de la maman de l’enfant.

« Ils lui ont ensuite dit de se lever, et quand il l’a fait, ils l’ont repoussé au sol et lui ont crié de se lever à nouveau. Ils ont fait ça cinq fois« .

5 fois où cet enfant de 13 ans est poussé, relevé, repoussé comme un « pantin« , un jouet. 5 fois où les policiers démontrent qu’ils ont un contrôle total sur son corps et sa dignité.

« Ils l’ont ensuite mis dans le fourgon de police pendant un moment, seul, après l’avoir menacé de l’emmener en prison, pendant qu’eux restaient dehors à faire des blagues et à rire.«  L’enfant pleure dans le véhicule, terrorisé, ne comprenant pas ce qui lui arrive.

« Ils lui ont crié d’arrêter de pleurer comme un bébé. Une policière n’arrêtait pas de faire un poing et de faire semblant de le frapper en riant quand il avait peur. Un policier n’arrêtait pas de lui faire peur avec le spray au poivre et riait quand mon fils détournait le visage.« 

Dix adultes armés contre un enfant

« Nous habitons juste en face du parc, alors ils l’ont traîné jusqu’à la maison en le tirant fort par le bras droit« , raconte la mère.

« Quand je suis descendue ouvrir la porte, il y avait dix policier·ères pour un seul enfant. Ils l’avaient terrorisé parce qu’il tremblait visiblement et était en état de panique.« 

« Ils ont commencé à faire des commentaires critiques sur la façon dont je l’élevais, ils l’ont aussi menacé, devant moi, de prison s’ils le voyaient dehors. Je leur ai rappelé qu’il n’avait que 13 ans. Ils se sont moqués de moi et m’ont ignorée.« 

« Dès que j’ai fermé la porte devant eux, mon fils s’est effondré dans mes bras en sanglotant pendant que nous pouvions les entendre rire dehors !« 

« Ils ont littéralement terrorisé un enfant et ils y prenaient du plaisir, ces psychopathes« , explique sa maman.

Un schéma qui se répète dans toute la capitale

Ce témoignage n’est malheureusement pas un cas isolé dans cette nuit du Nouvel An qui a vu la police bruxelloise déployer un dispositif répressif d’ampleur dans les quartiers populaires. Le même soir, à quelques kilomètres de là, à Schaerbeek, Marwane Z., un jeune éducateur de 23 ans qui rentrait paisiblement chez lui après un repas chez un ami, s’est fait fracasser le visage à coups de matraque par des agent·es de la BAB, se retrouvant avec le nez et la pommette fracturés et ne sachant toujours pas aujourd’hui s’il récupérera la vue de son œil gauche.

Toujours les mêmes quartiers qui sont visés, toujours les mêmes habitant·es qui subissent ces violences. Pendant des semaines avant le réveillon, la sphère politique et médiatique a multiplié les déclarations appelant à « reprendre le contrôle » de certains quartiers, à « restaurer l’ordre ». Ces déclarations préfiguraient et préparaient l’acceptation sociale de la mise en place du dispositif policier. Le message est passé, il a été reçu 5 sur 5 par les forces de l’ordre qui ont manifestement compris qu’elles avaient carte blanche pour traiter les habitant·es de ces quartiers comme des ennemis à mater.

Sources :

Témoignages