Anvers : La communauté kurde attaquée lors d’une manifestation, 6 personnes blessé·es dont deux grièvement

   

L’expérience révolutionnaire kurde en Syrie plus menacée que jamais

Jeudi 22 janvier, lors d’une manifestation en solidarité avec le Rojava, une attaque au couteau a lieu contre les manifestant·es, plusieurs personnes ont été blessées, dont deux grièvement.

Depuis le 4 janvier, les territoires autonomes kurdes du Nord-Est de la Syrie, que l’on nomme « Rojava » sont attaqués par l’armée syrienne d’HTS avec le soutien de la Turquie. Ces attaques sont faites avec la complicité de l’État impérialiste turc qui soutient militairement l’armée syrienne. En réaction à ces attaques, de nombreuses manifestations ont eu lieu à Bruxelles, en Belgique, et dans différentes villes européennes pour soutenir le peuple kurde dans sa lutte pour sa reconnaissance et le maintien de son expérience révolutionnaire.

À Bruxelles, des manifestations ont été organisées devant la Commission européenne et ont rassemblé plusieurs centaines de personnes pour réclamer le soutien de l’Union européenne à l’égard du peuple kurde du Nord-Est de la Syrie.

L’organisation communautaire kurde belge déclarait dans un communiqué au sujet de l’attaque à l’arme blanche de jeudi 22 janvier : « La manifestation se déroulait dans le calme et sans incident. De nombreuses familles, femmes, jeunes et enfants étaient présents. Alors que le rassemblement se dispersait, les manifestants kurdes ont été attaqués par un groupe d’hommes » « Il est clair que cette attaque n’est pas un acte isolé de violence gratuite, mais une attaque ciblée contre une communauté. Il s’agit d’un acte de terrorisme contre les Kurdes. Nous attendons de la police et de la justice belges qu’elles le considèrent et le traitent comme tel », NavBel. Une enquête a été ouverte pour « tentative d’assassinat » et 4 hommes ont été arrêtés par la police jeudi 22 janvier.

Cette attaque à l’arme blanche à l’encontre de la communauté kurde en Belgique rappelle les événements d’il y a deux ans quand une forte escalade de violences entre les communautés kurde et turque vivant en Belgique avait eu lieu après qu’une famille kurde ait été attaquée par un groupuscule fasciste pro-turc dans la province du Limbourg.

La révolution du Rojava, qui avait abouti à l’instauration de terres autonomes kurdes dans le Nord-Est de la Syrie, date de 2012 et avait eu lieu dans un contexte de fortes rébellions contre le pouvoir de Bachar al-Assad, qui avait alors dû retirer ses forces militaires de cette zone géographique. Les peuples kurdes de Syrie avaient alors mis en place cette région autonome appelée « Rojava » (mot kurde signifiant l »ouest », là où le soleil se couche). Cette construction territoriale d’une forme d’État kurde en Syrie était apparue comme une expérience majeure pour le peuple kurde, qui luttait depuis des décennies à la fois pour son indépendance, sa reconnaissance et la conservation de sa culture.

Depuis 2012, le Rojava a été victime d’innombrables attaques à la fois de la part de l’État islamique (EI) et de l’armée turque.

En décembre 2024, lors de la révolution syrienne, les forces de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), dirigées par Ahmad al-Sharaa, ont renversé la dictature de la famille Assad. Toutefois, parallèlement à cette libération du peuple syrien, le nouveau pouvoir mis en place par HTS a menacé l’autonomie des territoires kurdes et déclaré son intention de reprendre le contrôle des terres du Nord-Est de la Syrie.

L’objectif derrière ces attaques est de prendre possession de l’ensemble des territoires autonomes kurdes du Nord-Est de la Syrie mais aussi de ressources pétrolières présentes dans la région.

Ces attaques contre le Rojava, faites sous le motif d’une prétendue unité nationale, sont éminemment dangereuses pour les peuples kurdes du Nord-Est de la Syrie et pour l’expérience révolutionnaire au Rojava.. Avant tout parce qu’elles ont pour conséquence d’annuler les perspectives d’une administration kurde souveraine, mais aussi étant donné que les peuples kurdes ont été historiquement fortement marginalisés et violentés à la fois en Syrie, en Turquie et dans de nombreux autres pays voisins.

Si le Rojava venait à tomber, des millions de Kurdes seraient alors mis en danger.

Le fait d’avoir le contrôle militaire du Rojava permet au peuple kurde d’exister en toute dignité, en opposition avec un pays comme la Turquie, qui historiquement, a menacé toute forme de culture kurde sur son territoire.

À la suite de ces attaques, des manifestations ont eu lieu dans le monde entier pour défendre le Rojava comme terre kurde et pour dénoncer le fascisme turc. Ces derniers jours, des images ont montré que des dizaines de milliers de Kurdes ont gravi les frontières des pays voisins pour venir défendre le Rojava.

Les luttes kurdes, basées sur la notion de confédéralisme démocratique, défendent un projet révolutionnaire centré sur la libération des femmes ainsi que sur l’éco-socialisme. Depuis 2012, la révolution au Rojava est identifiée comme une source d’espoir aux projets révolutionnaires et aux peuples en lutte partout dans le monde.

Sources :

– Syrie: 12 dates pour mieux comprendre le conflit qui ravage le pays depuis treize ans, RFI

-Manifestation kurde à Anvers: six personnes blessées par arme blanche, deux suspects interpellés, DH les sports

-Défendons la révolution au Rojava face aux attaques : solidarité internationale, Contre attaque