PROCÈS DE L’ASSASSINAT DE PATRICE LUMUMBA : DÉCLARATION DE SES DESCENDANT·ES (Vidéo)

   

Il y 65 ans, suite à l’indépendance du Congo, l’Etat belge et les Etats-Unis orchestraient l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant et figure majeure des luttes décoloniales et pour les indépendances africaines. Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito, ont été torturés durant des heures, assassinés et leurs corps ont été dissous dans l’acide.

C’était le projet de décolonisation et de libération du Congo ainsi que du reste de l’Afrique de la domination coloniale européenne que les impérialismes belge et Etats-uniens ont tenté d’assassiner au travers de l’exécution de la figure de Lumumba et de ses ministres et compagnons.

65 ans après ce crime colonial, l’institution judiciaire belge est appelée à se prononcer sur la poursuite de la procédure pénale relative aux circonstances de son assassinat, ainsi que de celles de ses ministres Maurice Mpolo et Joseph Okito, exécutés le 17 janvier 1961 au Katanga.

« À ce stade de la procédure, l’ancien diplomate belge Étienne Davignon est le dernier inculpé encore en vie – des onze citoyens belges initialement visés – dans ce dossier. Cette circonstance confère à l’audience à venir une portée particulière : il s’agit potentiellement de la dernière occasion pour une juridiction belge d’examiner, sur le plan pénal, les responsabilités individuelles liées à l’assassinat de Lumumba », explique le communiqué de presse de la famille de Patrice Lumumba.

En 2002, la Chambre reconnaissait la « responsabilité morale » de l’État belge dans l’assassinat de Patrice Lumumba. Le ministre des affaires étrangères de l’époque avait alors été forcé de « s’excuser » pour la Belgique.

Vingt ans plus tard, la dent de Lumumba gardée en « trophée » colonial par Gérard Soete commissaire de police belge qui a été chargé par l’État de dissoudre son corps et celui d’Okito et Mpolo, a été remise au Congo. Mais l’État belge peine encore à reconnaître son histoire coloniale et ses innombrables crimes contre l’humanité. Histoire coloniale et crimes, qui continuent de façonner aujourd’hui la société belge post-coloniale.

« Ainsi, près de 65 ans après l’assassinat de Lumumba, l’Etat belge continue de louvoyer pour assumer pleinement et courageusement toutes ses responsabilités. Les actes symboliques sont inopérants lorsqu’ils ne sont pas suivis de reconnaissances de responsabilités et de réparations. Le procès d’Etienne Davignon, qui sera probablement décidé demain, constitue dès lors une opportunité et un impératif d’aller au-delà des formules diplomatiques souvent creuses. Ce procès devrait également contraindre la Belgique à enfin faire face à ses responsabilités dans cet assassinat et à regarder droit dans les yeux son histoire coloniale qu’il fuit en vain depuis des décennies.

Bien au-delà d’un procès pour la personne de Lumumba et sa famille, ce procès est celui de la justice, de la liberté et de l’humanité », explique le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte Contre les Discriminations.

La décision de l’institution judiciaire est attendue pour le 17 mars 2026. Elle doit se prononcer sur la poursuite d’Etienne Davignon, 93 ans et ancien fonctionnaire belge colonial, pour sa participation dans l’assassinat de Lumumba. Etienne Davignon est accusé par le parquet fédéral d’avoir participé au projet d’assassinat de l’Etat impérialiste belge à l’encontre de Patrice Lumumba. Plus précisément : de « participation à des crimes de guerre » pour avoir pris part à « la détention ou au transfert illicite » de Patrice Lumumba, mais aussi pour des « traitements humiliants et dégradants » à l’égard de Patrice Lumumba.

Sources :

Mémoire coloniale, https://memoirecoloniale.com/communiques/communique-proces-lumumba-la-belgique-face-au-tribunal-de-lhistoire

Communiqué de presse, Lumumba 65 ans après.

Courrier International, https://www.courrierinternational.com/depeche/assassinat-de-lumumba-etape-judiciaire-cruciale-a-bruxelles-pour-la-verite.afp.com.20260120.doc.92pd263.xml