ARIZONA : 1er janvier 2026, début des exclusions du chômage

   

Ce matin, plus de 25.000 personnes en Belgique se réveillent sans allocations de chômage. À Bruxelles, près de 20.000 personnes vont passer d’une allocation de chômage à rien du tout pour subvenir à leurs besoins. La coalition Arizona vous souhaite la bienvenue dans la première phase d’une réforme qui promet d’exclure 103.000 personnes d’ici juillet 2027.

Le lendemain du réveillon, des milliers de belges ont basculé dans une précarité brutale. Le couperet est tombé : celles et ceux qui ont accumulé 6.240 mois d’allocations au cours de leur vie active (soit environ 20 ans de chômage) perdent aujourd’hui leurs droits.

À Bruxelles, la situation est particulièrement intense. Sur les quelques 40.000 bruxellois·es qui perdront leurs allocations en 2026, 42% n’auront probablement pas droit à l’aide sociale du CPAS, car plusieurs facteurs rentrent désormais en compte, dont celui du calcul du montant global des aides perçues par le foyer.

Concrètement : environ 17.000 personnes vont se retrouver sans aucun revenu.

Un tiers est sans emploi depuis plus de 20 ans

En Wallonie, sur les 16.077 personnes concernées par cette première vague, 1/3 sont au chômage depuis plus de 20 ans. Ces personnes, le marché du travail les a écartées il y a si longtemps que certain·es n’ont jamais connu autre chose que le chômage.

Le Forem* se veut rassurant : parmi ces exclu·es, 5.943 auraient déjà décroché au moins un contrat et 2.339 auraient suivi une formation. Cependant, la Banque Nationale de Belgique a elle-même publié des projections inquiétantes : 80% des exclu·es ne retrouveront pas d’emploi.

La grande bascule vers le CPAS… ou vers rien

Les projections officielles dessinent que d’ici juillet 2027, sur les 103.000 personnes qui auront perdu leurs allocations :

  • 1/3 devrait retrouver un emploi
  • 1/3 basculera vers le revenu d’intégration sociale du CPAS
  • Le dernier tiers ? Ni emploi, ni aide sociale : ils et elles rejoindront les « inscrits libres » à la demande d’emploi, un statut qui ne garantit aucun revenu

Pour rappel, à Bruxelles, cette réalité est déjà là : près de 17.000 personnes n’auront probablement pas accès ni à l’emploi, ni à l’aide sociale du CPAS dans l’immédiat.

Cette réforme repose sur un postulat faux : ces gens seraient au chômage parce qu’ils ne cherchent pas assez de travail, pas parce que le marché du travail les a abandonnés ou parce que les conditions de travail proposées sont lamentables. Cela occulte donc toutes les raisons pour lesquelles ils ou elles n’auraient pas d’emploi. Comme si après 20 ans sans emploi, la menace de perdre leurs allocations allait miraculeusement leur ouvrir les portes d’emplois qui les ont ignorés pendant deux décennies.

Derrière les 25.000 personnes exclues aujourd’hui, il y a des loyers à payer, des courses à faire, des médicaments à acheter. Il y a des familles qui vont devoir choisir entre se chauffer et manger. Il y a des parents qui vont devoir expliquer à leurs enfants pourquoi il n’y a plus rien dans le frigo.

Ce premier trimestre 2026 sera un « bain de sang social », pour reprendre les mots d’Hamza Belakbir (responsable syndical régional à la CSC).

Et ce n’est que le début : 4 autres vagues d’exclusions sont programmées.

Les associations de terrain, les CPAS, les travailleur·ses sociaux·ales se préparent à gérer l’urgence sociale que cette réforme va créer. Les Centres Publics d’Action Sociale le savent bien. La Fédération des CPAS a même publié un guide pratique pour se préparer à l’afflux d’ex-chômeur·ses, car beaucoup viendront frapper aux portes des CPAS, même si la plupart n’aura pas droit a grand chose.

Pendant ce temps, la droite et le gouvernement Arizona peuvent se féliciter d’avoir « assaini » le système du chômage.

En ce début d’année 2026, la Belgique a choisi de punir ceux que le marché du travail avait déjà punis. Elle a choisi de leur retirer le peu qui leur restait.

2025 finit donc comme elle a commencé : dans l’angoisse de la boucherie sociale. Et 2026 commence par l’incertitude, et, pour beaucoup, sans revenu aucun. La solidarité ou le vide, à nous de choisir.

Bonne année à tous·tes.

Légende :

Forem : Le Forem est le service public de l’emploi et de la formation professionnelle en Wallonie. https://www.leforem.be/index.html

Sources :

Belga 11 décembre 2025 « Un tiers des Wallons qui seront exclus du chômage au 1er janvier 2026 sont sans emploi depuis plus de 20 ans »

La Libre, 25 novembre 2025, « Les premiers jours de 2026 seront rudes pour les exclus du chômage: un tiers devrait ‘tomber’ au CPAS »

La Capitale. 20 décembre 2025 « Réforme du chômage : 80% des exclus ne retrouveront pas d’emploi »

Les chiffres cités proviennent de l’Office national de l’emploi (Onem), du Forem, de la Banque Nationale de Belgique et de la Fédération des CPAS.