
Mercredi 26 novembre, Georges-Louis Bouchez et Valérie Galtigny, tous deux membres du Mouvement Réformateur (MR), sont venu·es à Liège dans le cadre d’une présentation des différentes mesures prises en lien avec l’enseignement. Une manifestation a eu lieu contre leur venue, et ce, dans un contexte de grève générale en Belgique et de la continuité du mouvement antifasciste liégeois qui avait déjà protesté contre une précédente venue de Bouchez à Liège.
C’est la troisième manifestation en quelques semaines contre des conférences du MR en Wallonie et à Bruxelles après un rassemblement à Saint-Gilles le 19, mardi 25 novembre à Nivelles. Lors de ces rassemblements, c’est la transformation du MR en un parti qui tend vers l’extrême droite qui est dénoncée. Les manifestant.es tant à Bruxelles qu’à Nivelles et à Liège, pointent également du doigt la fascisation progressive de l’Etat belge et la nécessité de construire un mouvement « antifasciste offensif » à l’encontre du système qui produit la menace fasciste pour les organisations qui lutte contre l’extrême droite – le capitalisme.
En venant présenter les réformes du gouvernement Arizona à l’encontre de l’enseignement, Georges-Louis Bouchez fait une nouvelle fois preuve de mépris à l’encontre des enseignant·es et élèves qui vivent la situation d’austérité drastique présente dans l’enseignement belge.
Ceux-ci déploraient déjà cette rentrée de septembre des classes bondées, la réforme de l’enseignement qualifiant* et aujourd’hui l’annonce de temps de travail supplémentaire sans compensation salariale.
Dès le matin, les employés du Palais des Congrès avaient organisé un piquet de grève sur le site du Palais. La Ville de Liège a alors choisi de dissoudre ce piquet par le biais des forces de l’ordre afin d’accueillir la présentation du MR et ce, en dépit des droits syndicaux.
La Ville de Liège avait également mis en place une forme de « mur » en déplaçant des conteneurs tout le long des différents accès au lieu de la conférence.
Ces mesures ainsi que l’importante présence policière à 18h, au moment du rassemblement qui s’est finalement tenu au niveau du pont Albert 1er, n’ont pas empêché le mouvement antifasciste liégeois de prendre les rues pour protester contre la venue de Georges-Louis Bouchez.
Très vite, une manifestation s’est élancée. Celle-ci est passée devant les bâtiments du journal Sudinfo La Meuse où une partie des manifestant·es a lancé des œufs de peinture sur la façade. Selon des manifestant.es sur place, le siège du journal a été visé à la suite d’articles à charge, réactionnaire et considéré comme diffamants à l’encontre du mouvement antifasciste à Liège. De plus, ce journal local est connu pour relayer les éléments de communication du MR et de Georges-Louis Bouchez.
La manifestation a ensuite continué jusqu’à proximité de la place Saint-Lambert, où des prises de parole et un concert d’Achille T-Moin et Aristide ont eu lieu.
Le cortège s’est ensuite rendu jusqu’à l’Hôtel de Ville de Liège, où de nombreuses vitres ont été brisées en guise de protestation directe contre la complicité du bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (Parti socialiste), dans la venue de Georges-Louis Bouchez. Durant la manifestation, des slogans visaient directement le Parti Socialiste. Plus tôt cette semaine, le bourgmestre de Liège avait également décidé de porter plainte contre les étudiant·es qui s’étaient opposé·es à la venue de Georges-Louis Bouchez à l’Université de Liège le 19 septembre.
Les forces de l’ordre sont alors intervenues violemment, munies d’un canon à eau pour dissoudre la manifestation. L’intervention de la police a été violente. Plusieurs manifestant.es ont été attrapé.es à la gorge et plaqué.es au sol par des agents en civil, pendant que l’autopompe ciblait d’autres manifestant.es. Des passant.es qui n’avaient rien à voir avec la manifestation ont également subi l’intervention policière.
cinq arrestations judiciaires et trois arrestations administratives ont été recensées.
En dépit de l’important dispositif policier, des intimidations de la ville de Liège qui a porté plainte contre la manifestation précédente, les manifestant.es ont rappelé l’engagement antifasciste de la cité ardente : Bouchez n’est toujours pas le bienvenu à Liège.
Légende :
réforme du qualifiant : La fin de la 7e année en technique ou professionnelle (qui servait aux gens qui étaient diplômé de secondaire générale d’avoir une qualification professionnelle vers des métiers spécifiques). Puis désormais, les élèves de plus de 18 ans qui ont interrompu leur scolarité pendant plus d’une année ne pourront plus réintégrer le système scolaire traditionnel en 3e ou 4e secondaire. Donc exclure des études les majeurs.
Sources :
« Venue de Georges-Louis Bouchez à Liège : des manifestants cassent les fenêtres de l’Hôtel de Ville, huit personnes ont été arrêtées », RTBF actu,
Benjamin Verpoorten
