MOBILISATION : 23 novembre, Marche contre les violences faites aux femmes et minorités de genre

   

Premières victimes des politiques antisociales de l’Arizona

Ce dimanche 23 novembre, un large front d’associations, de syndicats et de collectifs féministes descend dans les rues de la capitale à l’appel de la Plateforme Mirabal*. L’objectif : dénoncer les violences systémiques contre les femmes et minorités de genre, aggravées par les mesures régressives du gouvernement Arizona.

Le constat est accablant : les violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et sociales restent un phénomène structurel, renforcé par la précarité et les inégalités que subissent les personnes sexisées. La coalition Arizona (N-VA, MR, Engagés, CD&V et Vooruit) s’apprête à institutionnaliser ces violences par des mesures ouvertement discriminatoires.

En effet, les violences envers les femmes et minorités de genre sont étroitement liées à la précarité et aux inégalités structurelles. Les bas salaires, les temps partiels imposés, les pensions faibles ou l’accès limité à certains droits enferment de nombreuses femmes dans une situation de dépendance économique et sociale. Ces mécanismes touchent d’autant plus durement celles qui subissent plusieurs formes d’oppression à la fois, qu’elles soient précarisées, racisées ou en situation de handicap.

Droits sociaux, chômage, pensions, tournant sécuritaire et droits des personnes sans papiers : nous revenons brièvement sur le caractère sexiste des mesures de la coalition Arizona.

Les femmes : principales cibles des politiques Arizona

  • 80% des personnes en temps partiel sont des femmes
  • 60% des malades de longue durée sont des femmes (69% pour burnout et dépression)
  • 80% des pensionné·es avec moins de 35 ans de carrière sont des femmes

L’Arizona punit durement les carrières hachées et précaires, c’est-à-dire le plus souvent les carrières féminines.

1. DROITS SOCIAUX

IVG

  • Refus d’étendre le délai de 12 à 18 semaines : l’Arizona maintient l’une des législations les plus restrictives d’Europe
  • Maintien du délai de réflexion obligatoire de 6 jours : une logique infantilisante qui nie la capacité de décision des femmes
  • Conséquence directe : certaines femmes sont contraintes à des pratiques clandestines dangereuses ou à l’exil médical

Flexibilité du travail

Le gouvernement Arizona légalise l’exploitation par la flexibilité :

  • Contrats de quelques heures par mois : la précarité devient la norme
  • Jusqu’à 360 heures supplémentaires « volontaires » annuelles sans compensation
  • Extension du travail de nuit et du dimanche
  • Impact genré massif : dégradation de la santé, destruction de la vie familiale, appauvrissement des femmes à temps partiel et cheffes de familles monoparentales

Double charge de travail

Les femmes supportent la double charge : travail professionnel ET travail domestique (ménage, éducation des enfants, soins) : un travail invisible et non reconnu.

Les femmes sont deux fois plus nombreuses à travailler à temps partiel, le plus souvent imposé par l’employeur ou faute d’alternative pour la garde d’enfants
Elles interrompent plus souvent leur carrière pour maladies, grossesses, ou pour être proches aidantes

ET L’ARIZONA LES PUNIT DOUBLEMENT

2. MALADIE DE LONGUE DURÉE

60% des personnes en invalidité sont des femmes (69% pour burnout et dépression)

Au lieu d’interroger les causes structurelles (conditions de travail dégradées, surcharge mentale, perte de sens), l’Arizona choisit de responsabiliser et sanctionner les malades :

  • Réduction de 10% de l’indemnité en cas de non-collaboration à la réintégration
  • Suspension de l’indemnité en cas d’absence non justifiée
  • Sanctions contre les médecins jugés « trop complaisants »
  • Financement des mutuelles conditionné à leur taux de « réintégration« 

Une approche purement punitive qui invisibilise les causes sociales du mal-être au travail et fragilise encore plus les femmes malades

3. CONGÉS FAMILIAUX

L’Arizona veut fusionner tous les congés familiaux dans un « sac à dos » à partager entre parents et grands-parents.

Les risques sont immenses :

  • Réduction du congé de maternité (déplacement des jours vers d’autres membres de la famille)
  • Nouvelle source de conflits et de violences dans les familles

4. CHÔMAGE

  • Limitation des allocations à 1 an (maximum 2 ans si 5 ans de travail minimum)
  • Les personnes ayant travaillé moins d’un an n’auront rien du tout
  • Exception : avoir 55 ans ET 35 ans de carrière (seulement 7% des femmes remplissent cette condition à 55 ans !

Les femmes, qui ont davantage de carrières hachées, souffriront le plus de cette réforme

Pression accrue sur les CPAS: Les femmes en sont exclues si leur conjoint (mari ou cohabitant légal) travaille, renforçant leur dépendance économique.

5. PENSIONS

Pension anticipée quasi impossible sans pénalité avant 67 ans, or il est physiquement impossible pour les femmes occupant des emplois pénibles (nettoyage, soins de santé…) de travailler jusqu’à cet âge.

80% des pensionné·es qui n’ont pas atteint 35 ans de carrière sont des femmes

Conditions de calcul durcies

  • Minimum 156 jours pleins travaillés pour comptabiliser une année dans le calcul des pensions
  • Les travailleur·euses à temps partiel (dont 80% sont des femmes) perdront des années

Malus de -5% par année d’anticipation : Cela peut représenter jusqu’à 25% de perte pour une femme partant 5 ans avant l’âge légal

Périodes assimilées dévalorisées : Les périodes de chômage, congé parental, maladie compteront moins pour le calcul, pénalisant massivement les femmes qui ont interrompu leur carrière pour s’occuper des enfants

Suppression de la pension de survie, remplacée par une allocation de 2 ans maximum

  • 95% des bénéficiaires sont des femmes
  • Selon le Bureau fédéral du Plan (2023), cette suppression entraînerait une perte moyenne de 145€ par mois pour les femmes

Suppression des pensions de ménage et du conjoint divorcé

Résultat : Les femmes bosseront plus longtemps pour moins de pension

6. TOURNANT SÉCURITAIRE

Le gouvernement Arizona donne la priorité au maintien de l’ordre au détriment des libertés fondamentales :

  • Nouvelles prisons et augmentation des moyens policiers
  • Reconnaissance faciale généralisée
  • Loi « anti-manifestation » permettant d’interdire à une personne de manifester pendant plusieurs années, qui met à risque l’engagement des femmes.

Ces politiques sont justifiées au nom de la protection des femmes, alors qu’elles renforcent la violence institutionnelle et cibleront en priorité les indésirables aux yeux du pouvoir, notamment les militant·es féministes et sociaux.

7. DROITS DES PERSONNES SANS PAPIERS

Les femmes migrantes : premières victimes

Déjà exposées à des discriminations systémiques, des parcours migratoires précaires et des violences de genre, elles se retrouveront encore plus exposées à l’exploitation et à la marginalisation :

  • Dépendance à des emplois sous-payés et non déclarés (soins, nettoyage, aide à domicile)
  • Impossibilité d’accéder aux protections sociales de base
  • Vulnérabilité accrue aux violences et au trafic humain

8. FEMMES RACISÉES ET ISLAMOPHOBIE

Les femmes racisées, et particulièrement les femmes musulmanes, subissent une double oppression : sexisme ET racisme systémique. Le débat sur le voile est utilisé pour justifier des politiques discriminatoires au nom de l’émancipation des femmes, tout en niant leur autonomie et leur capacité à faire des choix libres.

  • Interdictions dans l’espace public, les institutions, et certains secteurs professionnels sous prétexte de neutralité
  • Limitation drastique de l’accès à l’emploi et aux services

Les femmes racisées cumulent précarité économique, discriminations raciales et sexisme, les rendant particulièrement vulnérables aux violences.

L’Arizona organise méthodiquement l’appauvrissement des femmes

Les politiques du gouvernement Arizona, loin de protéger toutes les femmes, renforcent les mécanismes d’exclusion qui touchent en premier lieu les femmes racisées et musulmanes.

L’Arizona organise méthodiquement l’appauvrissement des femmes. Ces mesures constituent une offensive cohérente contre l’autonomie et les droits des femmes, particulièrement celles qui sont déjà en situation de précarité.

Légende :

*La plateforme Mirabal est un mouvement de solidarité internationale de lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes.https://mirabalbelgique.com/

Dans cet article, nous utilisons le terme « femme » à plusieurs reprises car nous faisons références à des mesures qui touchent des femmes specifiquement. Cependant, nous n’occultons pas que d’autres minorités de genre sont discriminées par les mêmes mesures politiques, ou d’autres.

Sources :

Bruxelles Dévie. Le gouvernement Arizona contre les femmes et les minorités de genre, 8 mars 2025. https://bruxellesdevie.com/2025/03/09/le-gouvernement-arizona-contre-les-femmes-et-les-minorites-de-genre/

communiqué de Commune Colère

l’Echo, Les femmes, grandes perdantes des mesures de l’Arizona, https://www.lecho.be/dossiers/emploi/les-femmes-grandes-perdantes-des-mesures-de-l-arizona/10611986.html