Une mobilisation historique
Ce mardi 14 octobre, plus de 150 000 personnes ont répondu présent·es à l’appel à manifester contre le gouvernement Arizona à Bruxelles. La manifestation a débuté vers 11h à la gare du Nord et a pris fin en milieu d’après-midi à la gare du Midi. Tout au long du parcours, des confrontations ont eu lieu entre manifestant·es et forces de l’ordre, donnant lieu à d’innombrables violences policières.
Au moins 5 personnes auraient été arrêtées en arrestation judiciaire et une vingtaine en arrestation administrative. Une dizaine de blessé·es graves seraient passé·es par les hôpitaux.
Tôt le matin, vers 7h, certains axes routiers de la capitale ont été bloqués dans le cadre de la journée de grève. Des groupes de manifestant·es ont notamment bloqué la Petite Ceinture de Bruxelles ainsi que le Ring intérieur de la capitale. Ces actions de blocage ont paralysé une partie considérable du trafic routier de la Région bruxelloise.

D’autres blocages et piquets de grève ont eu lieu, notamment à l’ULB, à l’école de cinéma INSAS, ou encore au CHU Saint Pierre. Tous dénoncent les mesures antisociales et la précarisation mises en place par le gouvernement actuel.
Ensuite, la manifestation s’est déroulée dans une ambiance très déterminée contre les mesures antisociales mises en place par le gouvernement Arizona. Différents blocs étaient présents : le bloc des travailleur.euses du secteur culturel, de l’enseignement, des services et aides ménagères, le bloc des dockers, celui des avocats, ou encore le bloc du collectif zone neutre. Tous et toutes étaient venu.es pour montrer leur colère face aux mesures gouvernementales de précarisation de la société.
De nombreux·ses manifestant·es ont ainsi décidé de cibler des lieux de pouvoir tels que l’Office des étrangers, le siège du Parti Socialiste, le siège du MR, l’O.N.E.M. (l’Office national de l’Emploi),…
Aux alentours de 11h30, peu après le départ, des confrontations avec les forces de l’ordre ont eu lieu suite au ciblage de l’Office des étrangers. Des slogans ont été entonnés en hommage à Mahmoud Ezzat Farag Allah, décédé lundi dernier au sein du centre fermé 127bis, ainsi qu’aux nombreux autres réfugiés palestiniens détenus en ce moment même en centre fermé.

Le vaste dispositif policier présent a alors gazé, nassé et matraqué les manifestant·es devant l’Office des étrangers. Une nasse illégale, dans un endroit exigu, a duré près de deux heures, et des manifestant·es ont été arrêtés violemment par la police. Plusieurs personnes ont été matraquées et plaquées au sol, certains auraient même été arrêtés et violentés dans les parkings adjacents au bâtiment.
La foule s’est alors amassée devant la nasse, avant que la police ne charge et ne gaze encore une fois. Après plus de 2h, les personnes nassées ont été relâchées. Des manifestant·es ont par la suite ciblé l’Hotel Hilton situé à Gare Centrale, en attaquant la devanture et en s’introduisant dans l’hôtel. Une partie des meubles à l’intérieur a été endommagée.
Par la suite, d’autres affrontements entre manifestant·es et forces de l’ordre ont eu lieu, notamment au niveau de la Gare Centrale, du Mont des Arts, dans le quartier des Marolles et finalement dans le quartier de la gare du Midi, où le cortège s’est séparé en plusieurs manifestations sauvages. Plus tard dans l’après-midi, vers 16h, la police a également chargé à hauteur du Parvis de Saint-Gilles, où une manifestation sauvage était toujours en cours.

Le vaste dispositif policier ainsi que le niveau de répression mis en place par les forces de l’ordre montrent une volonté politique claire de la part des autorités : réprimer violemment l’ensemble des manifestant·es les plus contestataires.
Cette très large mobilisation marque un moment clé de la lutte contre le gouvernement Arizona et ses dynamiques fascisantes. Elle a également constitué un moment de force collective pour les plus de 140 000 personnes qui ont rallié Bruxelles pour cette occasion.
Parmi les manifestant·es, des personnes issues de tous les groupes sociaux étaient présentes. Une chose est certaine : la colère populaire contre la casse sociale menée par ce gouvernement fascisant n’est pas prête de s’éteindre. Au contraire, elle continue de grandir.
Sources :
témoignages :
Un·e manifestant·e présent·e dans la nasse relate : « Nous étions bloqué·es entre deux bus et contre un mur à plus de 200 personnes pendant que la police nous gazait et matraquait celles et ceux qui étaient face à elle. C’était un moment très choquant. J’ai vu des enfants être nassés et au moins une quinzaine de personnes avec la tête en sang à cause des coups de matraque de la police. La nasse était si exiguë que de nombreuses personnes ont fait des malaises.
