14 OCTOBRE, VIOLENCES POLICIERES, COMMENT COMPRENDRE LA VIOLENCE DE L’ETAT ?

   

La journée du 14 octobre a été marquée par une mobilisation historique où la colère sociale s’est exprimée contre la casse sociale de l’Arizona: plus de 140 000 personnes ont pris la rue. Cette journée de mobilisation s’est illustrée comme une lueur d’espoir pour le mouvement social belge contre le gouvernement.

Cependant, elle s’est également illustrée par les nombreuses violences policières subies par les manifestant·es.

En tant que média indépendant, critique, et sensible aux luttes sociales, nous devons replacer et appréhender les violences policières dans leur contexte. La police est une des institutions répressives de l’Etat. Elle a pour fonction le maintien de l’ordre. Pas que le maintien de l’ordre « dans la rue« , mais aussi et principalement, la protection de l’ordre social. Soit, l’organisation inégalitaire de la société, son modèle économique : le capitalisme et ses articulations raciales et patriarcales.

Les forces de l’ordre défendent l’Etat, dans toutes ses expressions, et incarnent avec le système pénal, le plus souvent sa violence. Du moins celle la plus visible. La répression que nous avons observés ce 14 octobre, n’est pas le simple fait de bavures, qui seraient réalisées par des « mauvais » policiers, entourés de « bons ». Bien que certains d’entre elles et eux semblent mettre plus de zèle et avoir quelques accointances avec l’extrême droite.

Ces violences lors du 14 octobre, sont le résultat d’une politique de « défense » de l’Etat ; de volontés politiques de protéger l’organisation de la société, des ordres des politiciens et bourgmestres et de leur mise en place par le commandement de police. Les coups de matraques, les gazages, les insultes, les arrestations … sont le bout de la chaine du pouvoir, qui souhaite se protéger d’un mouvement social.

Et quelles sont les revendications du large mouvement contre l’Arizona, qui ne se limite pas aux syndicats ?

Pouvoir vivre dignement, avec un accès à la sécurité sociale, aux soins, aux aides quand on a pas les moyens. La fin des discriminations structurelles racistes et genrées. L’arrêt des politiques islamophobes, négrophobes, … qui tuent et construisent des ennemis intérieurs au sein même de la population … La fin des politiques sexistes, de la division genrée et raciale du travail, la mise sous tutelle des corps des personnes sexisées. Les féminicides. Mais aussi la fin des politiques migratoires racistes. Politiques qui déshumanisent, détruisent les vies de personnes exilées, et qui une semaine encore, ont mené à la mort de Mahmoud en centre fermé.

Le mouvement social pour l’Arizona va continuer. Le 25 novembre la CGSP a annoncé une grève et une nouvelle journée de mobilisation. Nous serons sur le terrain pour couvrir la suite du mouvement social.